No Age – « Everything In Between »

no180Album
(Sub Pop)
27/09/2010
Noise pop punk

No Age aura bien réussi à nous la faire à l’envers, en faisant parler de lui et de sa musique par le biais de son appartenance à une certaine communauté, comme via de régulières prestations en dehors des lieux communs. Sans cette approche faussement originale, pour le moins élitiste, mais qui a cependant le mérite de fédérer l’entourage et offrir le droit d’exister, difficile de croire que le duo de Los Angeles aurait autant fait parler de lui à l’occasion de la sortie de « Nouns », son premier véritable album chez Sub Pop (« Weirdo Rippers » compilait cinq Eps). Car ce qui fait No Age, surtout avant un quelconque talent de composition, c’est un son, cette couche noise qui vient recouvrir des mélodies parfois accrocheuses (comme ici sur l’efficace « Depletion »). En effet, grattez ce vernis cacophonique prétentieusement qualifié « arty », et le duo ne devient plus qu’un banal groupe de punk, au mieux une formation capable de venir rivaliser avec quelques homologues de la trempe de Japandroids. Plus du tout celui que beaucoup élèvent depuis quelques années au rang de révélation, pour diverses raisons, pas toujours très sincères. D’ailleurs, c’est peut être en 2010, alors que de l’eau a coulé sous les ponts et que l’effet de surprise est passé, qu’on va pouvoir compter les opportunistes. Certes No Age est attendu mais est redevenu prévisible: on ne fait pas forcément des miracles en duo, plus encore quand on tente d’épurer sa production à chaque album. Pour cela, « Everything In Between » porte finalement bien son titre en bon album de ventre mou qu’il est. Plus que jamais coincé entre avant gardisme et concessions, il désarme d’abord par son entame un peu molle (« Life Prowler », « Glitter »), étonne par des élans pop désormais peu dissimulés (« Common Heat », « Skinned », « Chem Trails ») et quelques titres instrumentaux presque passables (« Katerpillar », « Dusted », « Positive Amputation »), mais sait aussi reprendre un peu de nerf et de couleurs (« Fever Dreaming », « Shred And Transcend ») pour se rabibocher avec ceux qui attendait beaucoup de lui, mais qui resteront finalement sur leur faim. Car si « Everything In Between » a clairement du bon, il est à trouver dans les concessions faites par No Age pour le populariser, les mêmes qui froisseront très certainement l’orgueil d’un public de la première heure très peu réceptif à cette idée. Comme une bière fraiche…mais sans bulles.

En écoute


Disponible sur
itunes22

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