WuW – ‘L’Orchaostre’

WuW – ‘L’Orchaostre’

Album / Pelagic / 03.02.2023
Post metal

Au sein de la toujours aussi florissante scène post-metal, il est coutume de compter au minimum quatre ou cinq musiciens par formation. Exception faite concernant WuW : avec ses deux frangins (Benjamin et Guillaume Colin) comme uniques membres, son line-up est aussi minime que son nom, choisi en référence au bruit produit par le vent lors de nuits chaudes. Mais à l’écoute de L’Orchaostre, on a plutôt le sentiment d’avoir affaire à la bande son d’une puissante éruption volcanique, accompagnée de jaillissements de roche en fusion entrecoupés de quelques courtes accalmies salvatrices.

Les deux multi-instrumentistes poursuivent donc sur leur lancée en gardant le doom en recette de base, qu’ils assaisonnent de guitares criardes et de nappes de synthés que n’aurait pas reniées John Carpenter, de riffs death et indus metal efficaces, de relents black metal (du même genre que ceux choyés par leurs compatriotes de Year of No Light) ou encore d’arpèges à la fois pesants et lumineux façon Omega Massif ou Pelican. Avec huit minutes de moyenne au compteur, on a là des compositions tirant en longueur dans la plus pure ‘tradition’ post-metal. Pour autant, WuW prend son temps sans jamais nous faire perdre le nôtre : de manière encore plus évidente que sur Rien Ne Nous Sera Epargné (2018) et Rétablir l’Eternité (2020), le plus grand soin a été apporté ici à la narration, aux variations de dynamique ainsi qu’aux transitions, rendant l’ensemble à la fois harmonieux et captivant.

Et alors que, sur ses deux précédents efforts, les titres des morceaux revêtaient un caractère poétique (Vivre à la Splendeur des Crépuscules, ou encore Danser dans le Champ des Battements du Temps), les Parisiens ont sobrement (froidement ?) choisi des intitulés numériques, allant de L’Orchaostre 1 à L’Orchaostre 5. Ceci n’est pas sans rappeler les habitudes du plus que recommandable groupe letton Tesa, lui aussi composé d’une fratrie opérant en territoires doomesques. Enfin, l’artwork, qui inspire à la fois complexité et infini, complète notre immersion dans cet environnement plutôt glacial.

A défaut de nous proposer la parfaite bande originale de l’apocalypse, WuW nous offre ici son interprétation sonore du concept de chaos. Un chaos où il est autant permis de douter sur la réelle volonté de l’humanité de se reprendre en main face aux nombreux défis – environnementaux surtout – auxquels elle doit faire face, que d’espérer quant à la capacité des individus à se montrer lucides, créatifs, et surtout, unis dans l’adversité. C’est en tout cas l’intention qui semble ressortir des quelques paragraphes figurant sur la pochette, tout spécialement de cet extrait : ‘A travers la mangrove, nous invoquerons l’espoir. Le nôtre, celui de celles et ceux qui nous ont précédés et que nous aurons bafoué. Celui que nous aurons réussi à engloutir. Celui de ceux qui viendront après nous. Aussi. Surtout. Ce n’est pas rien’. A méditer en écoutant ces cinq titres hypnotiques en boucle, au casque et les yeux fermés de préférence.

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A ECOUTER EN PRIORITE

L’Orchaostre 2, L’Orchaostre 5


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