Weyes Blood – ‘Titanic Rising’

Weyes Blood – ‘Titanic Rising’

Album / Sub Pop / 05.04.2019
Pop Baroque

C’est peu de dire que le son de Titanic Rising, le nouvel album de Natalie Mering aka Weyes Blood, est suranné. La californienne assume parfaitement son goût pour les grandes voix, les albums de variété très élaborés des années 80, et les bandes sons de films sentimentaux. L’ensemble donne un résultat intrigant et savoureux, où l’émotion le dispute à l’humour dans une atmosphère flirtant en permanence avec le kitsch.

A la différence de la multitude d’albums prétendument néo-synth-pop qui pensent qu’intégrer un clavier et une boîte à rythme suffit à parodier les pires produits de l’industrie musicale de l’apogée de la FM, Weyes Blood va chercher ses influences dans des références plus sérieuses. Sa voix, tout d’abord, impose son amplitude à la manière des divas folk ou trad (sa maîtrise rappelle aussi bien Joan Baez que Loreena McKennitt). Elle grimpe ou descend facilement les octaves, sans jamais forcer, et porte des fins de phrases longues noyées dans les choeurs et l’écho.

Mélodiquement, la construction de chaque titre est extrêmement classique, la densité se construisant au fil de l’alternance couplet-refrain, ponctué quasi systématiquement par un bridge de cordes ou de claviers. Ses arrangements symphoniques n’auraient pas déparé les plateaux télés d’un samedi soir des années 80, au côté de groupes comme Chicago ou Alan Parsons Project. Les mélodies très sophistiquées tiennent également de la BO de film glam, quand elles n’y rendent pas carrément hommage (Movies, atmosphérique et aquatique). La chanteuse surjoue l’effet rétro en  allant jusqu’à ajouter du pleurage (souvenez-vous les K7audio) au début de certains titres (A Lot’s Gonna Change, Andromeda). Cette recherche délibérée (et pleine de second degré) d’un son daté, rond et maniéré, rend parfois l’ensemble indigeste, mais donne à Titanic Rising une singularité attrayante qui dénote dans la production actuelle.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Andromeda, Something to believe, Movies, Wild times


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