We Hate You Please Die – ‘Can’t Wait To Be Fine’

We Hate You Please Die – ‘Can’t Wait To Be Fine’

Album / Howlin Banana – Kids Are Lo-Fi – Ideal Crash / Le Cèpe / 18.06.2021
Punk

Le nom du groupe révèle beaucoup de choses sur ses membres. D’abord, une belle franchise. La haine jetée de bon cœur à la face de ceux qui se sentiront visés vaut mieux que celle qui bouillonne à l’intérieur des êtres rongés par la frustration et l’aigreur. Il faut s’attendre à ce que d’autres affirmations cinglantes épicent leurs compositions. Ensuite, un certain niveau d’exigence. Demander à quelqu’un d’aller mourir n’est pas anodin. Ce sont des décisions qui peuvent changer une vie. Mais les personnes très exigeantes envers les autres le sont parfois encore plus envers eux mêmes. Espérons que ce soit le cas.

Le problème avec ce genre de nom bien percutant, c’est qu’il faut que le contenu soit à la hauteur. C’est comme ces bières artisanales où les gars mettent tout sur l’étiquette : rien de plus énervant. Mais en ce qui concerne We Hate You Please Die, la preuve de son caractère et de son talent a été faite dès son premier album, Kids are Lo-Fi en 2018. Après un EP en 2020, voici les rouennais de retour.

Au moment d’étiqueter le disque en question, on ne va pas ergoter et se contenter de 4 lettres fortes à propos : PUNK. L’esprit est là, mais musicalement, ça saute par-dessus les murettes pour aller d’une maison à l’autre. La liberté d’écriture et sa folle créativité se remarque dès la première écoute, l’énergie des premiers enregistrements est intacte. We Hate You Please Die a rallongé ses morceaux, pour une durée moyenne autour de quatre minutes, durant lesquels les changements d’humeur ne préviennent pas. Chacun a sa dose de cyclothymie aiguë, et ce qui s’avère génial musicalement parlant peut paraître inquiétant ramené à l’individu. C’est bien là le propos du disque. Can’t wait to be fine, ne pas attendre que tout aille pour le mieux pour profiter de la vie au maximum, sans faire semblant. Il y a le côté fun du punk mélodique ou du garage, la voix de Raphaël Monteiro qui se fait volontiers théâtrale. Mais des fois, ça déraille. Vanishing Patience débute joliment pop avant de s’hérisser de colère. Coca Collapse vous laisse sur les rotules, mais il faut vite se relever pour DSM – VI qu’on jurerait être un featuring de Zack de La Rocha. Chloé Barabé s’empare du micro pour un Otterlove digne de Blondie puis Exorcise. D’abord d’une insouciance toute adolescente, le morceau finit par sombrer dans un traumatisme profond matérialisé par un mur de son shoegaze. C’est pop, c’est violent, à fleur de peau, avec ce charme sulfureux qu’on retrouve chez JC Satan ou Tropical Fuck Storm, d’autres formations paritaires.

Le nom de l’album sous-entend un certain mal être qu’on voudrait dépasser. Are you gonna fight ? demande le dernier morceau éponyme, avant de hurler un cathartique We want to be fine! à l’infini, jusqu’en perdre haleine. Puisque chacun chez soi, on se morfond du monde d’avant, il faudra être là quand le groupe passera dans les environs, bientôt ou plus tard. Une parenthèse d’une heure avec la bière qui se renverse sur les bras et les bouts de chaussures, les taches de transpiration dans le dos et les oreilles qui sifflent, les visages hagards aux larges sourires qui se croisent.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Exhausted + ADHD, DSM – VI, Can’t Wait to be Fine, Exorcise


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