Viagra Boys – ‘Cave World’

Viagra Boys – ‘Cave World’

Album / Year0001 / 08.07.2022
Punk rock

Au bestiaire des Viagra Boys, les primates côtoient désormais les habituels chiens et crevettes, choix cohérent pour un album dont le concept tourne autour des théories du complot et autres comportements arriérés. Mais les Boys ne s’arrêtent pas aux négationnistes : on est tellement gâtés ces dernières années que ce serait gâcher. Ainsi donc, avec l’humour absurde qui les caractérise, Sebastian Murphy et ses potes singent les anti-vax (Creepy Crawlers) et autres complotistes à la manque se pensant aware avec une connexion internet (Troglodyte). Et franchement, après toutes les conneries qu’on a pu entendre ces derniers mois, on ne boude pas notre plaisir de se moquer ouvertement.

Bien qu’il soit un des artistes les plus charismatiques de la scène actuelle, et cela malgré (ou grâce à) un beer-panz de compét’, une tendance à envoyer chier tout le monde, un langage ordurier et une apathie vêtue de survets tachés, Murphy n’a pourtant pas vocation à imposer un mode de pensée unique ou à s’engager dans quoi que soit. Il le dit lui même : le monde devient stupide et il adore ça, il en joue à fond et sème la confusion. Du pain béni pour un groupe maître de la satire grinçante qui n’attend qu’une chose : que ses morceaux soient pris au premier degré et deviennent les hymnes de ceux qu’il chahute.

Pour ce troisième album, les suédois poussent l’expérimentation déjà présente dans Welfare Jazz encore plus loin : on retrouve les influences free jazz avec le sax énervé d’Oskar Carls (Baby Criminal, Creepy Crawlers…), la techno nineties est exaltante sur un ADD – à deux doigts de devenir un trend envahissant chez les TikTokeurs – qui ravira les personnes atteintes de ce mal du siècle. A l’instar des synthés et de l’électro qui ne laissent quasiment plus la place à la sacro-sainte guitare dans le country Punk Rock Loser poussant au paroxysme la coolitude du crooner ayant grillé trop de clopes, Cave World réserve quelques surprises, comme le penchant pop de The Cognitive Trade Off-Hypothesis, ou bluesy de Big Boy (feat Jason Williamson de Sleaford Mods) dont la ligne de basse reste imperturbable malgré les saturations en tous genres qui essaient de la bousculer. Mais les Viagra Boys ont beau papillonner, ils restent de bons gros punks à tous les étages. De Baby Criminal à Return To The Monke, la pression est constante, donne envie de pogoter le voisin de palier, de cracher sur le pote qui débite des inepties complot-like, et on sentirait presque la bière qui colle sous nos godasses.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Punk Rock Loser, ADD, Return to Monke

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1 Comment
  • Pingback:JUILLET – DisClographie
    Posted at 13:10h, 20 juillet Répondre

    […] Deficit Disorder, ça me parle particulièrement). L’article est à lire chez Mowno du coup (ici) […]

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