Ty Segall – ‘Harmonizer’

Ty Segall – ‘Harmonizer’

Album / Drag City / 03.08.2021
Post garage rock

Ty Segall aime les surprises. À contre courant des parutions de disques fonctionnant au teasing, parfois des mois avant leur sortie par émiettement de singles et vidéos, le californien a libéré Harmonizer sans prévenir personne. Il y a bien eu quelques vidéos intrigantes sur les réseaux sociaux trois jours avant son arrivée, mais l’album était pour le moins inattendu.

À la surprise de la sortie vient s’ajouter celle de l’écoute : une grande place est laissée aux synthétiseurs, comme pouvait le laisser présager les effets lumineux psychés de la pochette signée par sa femme, Denée Segall, qui chante également sur Feel Good. L’album s’ouvre d’ailleurs sur le titre Learning, où l’on sent un Ty amusé par la modulation des sons synthétiques.

Surprendre et jouer, tels semblent être les piliers fondateurs de la musique d’un Ty Segall en quête permanente de réinvention. Ce dernier costume teinté de pop, de riffs et de mélodies hyper catchy, lui va parfaitement. Depuis Manipulator en 2014, il semble que jamais l’hyperactif américain n’ait été à ce niveau. Dès la première écoute, on sait ainsi que des titres comme Whisper ou Pictures tourneront longtemps sur nos platines. Le refrain du premier cité et ses scansions en alternance avec les bends à la distorsion synthétique nous attrapent instantanément. Le bridge du second qui ralentit le titre, ses voix multiples et harmonisées et ses soli qui sonneraient kitch chez n’importe qui d’autre mais qui ici s’insèrent à merveille par la magie de la production, nous absorbent tout autant.

La production est léchée : les riffs doublés de synthé nous rappellent les plus beaux arrangements des Smashing Pumpkins sur Mellon Collie And The Infinite Sadness, mélangés à l’influence Beatles période White Album évidente des lignes de chants et des accents vocaux. On est face à un gros son volontaire, à une volonté de puissance sans frontières, entre la pop, le garage, et le kraut rock. La doublette de production que Ty forme avec Cooper Crain a voulu donner ses lettres de noblesse aux nouveaux studios du natif de Laguna Beach, Harmonizer Studios.

De la manipulation à l’harmonisation, Ty Segall est joueur avant tout. Et son enthousiasme ludique, dont il fait une profession sur le titre Play (All I Want To Do Is Play) est incroyablement contagieux. Pour notre plus grand bonheur.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Whisper, Erased, Harmonizer, Pictures


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