Troy Von Balthazar – ‘Courage, Mon Amour !’

Troy Von Balthazar – ‘Courage, Mon Amour !’

Album / Vicious Circle / 20.08.2021
Folk DIY

Honolulu- Los Angeles – Berlin – La Creuse. Le GPS indiquant les lieux de vie de Troy Von Balthazar témoigne de contrastes d’intensités extrêmes, des villes tentaculaires aux lieux les plus reculés possibles. Le panorama musical qui en résulte souligne le poids de ces délocalisations multiples dans l’esthétique d’un artiste de plus en plus tourné vers une autonomie à la marge, où le Do It Yourself n’est dicté ni par un effet de mode ni par des raisons financières, mais par une nécessité d’épanouissement, un savoir faire singulier qui donne à la musique du natif d’Hawaï tout son timbre. Mais alors que sort son sixième album solo (soit un de plus qu’avec Chokebore), Troy n’en serait certainement pas là s’il n’avait essoré ses nerfs aussi puissamment avec sa formation précédente, ses sonorités dans le rouge et ses cris à fleur de peau.

Il y a quelque chose du calme après la tempête dans les compositions solo de Troy Von Balthazar, un calme qui s’instaure de plus en plus, disque après disque. C’est plus flagrant sur Courage, Mon Amour! que sur les précédents. L’album, essentiellement acoustique, est plus intimiste encore que ses prédécesseurs. Comme si sa musique était moins tournée vers l’extérieur. Troy intériorise après avoir passé des années à sortir ses démons en catharsis. Il faut un temps d’adaptation à cette esthétique plus posée, assurément moins poignante. Courage, Mon Amour! ne vise pas à hérisser les poils de son auditoire, mais à exprimer l’intérieur profond de son compositeur, comme en témoigne le court manifeste Le Monde Extérieur.

L’écriture des textes est tout aussi introspective que celle de la musique. What I Like (About Me) a des allures d’autoportrait en chanson, où l’on apprend la fierté qu’à le natif d’Honolulu d’enregistrer ses disques en France. Sur Snowflake, il se dépeint en victime de jetlag permanent, en faisant rimer I’m From The USA et I Wanna Sleep Today. son introspection prend des allures de retraites d’ermite sur Other People: ‘Other People’s Beauty Is Something We Have To Endure’.

Mais ce qui différencie Courage, Mon Amour! de son ainé It Ends Like Crazy tient à la saisonnalité. Là ou l’album sorti en fin d’hiver 2019 le représentait seul sur une étendue neigeuse, l’artwork du nouvel opus nous montre une toile peinte, elle aussi DIY, à l’amateurisme assumé, représentant une scène de plage teintée de solitude. L’été vu par TVB est indéniablement chargé de mélancolie, mais les prises de guitare acoustique, ainsi que les mélodies aux allures de comptines désoeuvrées (Just’t Don’t It), viennent ajouter une note de chaleur à une discographie habituellement tournée vers les températures négatives. Comme pour (re)donner du courage à son auteur, qui semble conclure un diptyque en donnant au titre conclusif de cet opus le nom du précédent : Une fin de dingue.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Black Black, Move Me, What I Like (About Me)


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