Tobacco – « Maniac Meat »

Tobacco – « Maniac Meat »

tob180Album
(Anticon)
28/06/2010
Capharnaüm

La tendance s’est inversée chez Tobacco: alors qu’il se présentait il y a deux ans en tant que side project de Black Moth Super Rainbow, il semble que celui-ci soit désormais en profond hiatus depuis un dernier album du groupe sorti en 2009, et que son leader se divertit seul sous la coupe d’Anticon. A l’heure de son premier solo, ce producteur de Pennysylvanie justifiait d’ailleurs de belle manière cette nouvelle priorité de carrière avec un « Fucked Up Friends » prometteur mais encore trop répétitif pour qu’on ait plaisir à y revenir. Logiquement, on attendait donc de « Maniac Meat » qu’il gomme les quelques imperfections de son prédécesseur. Chose à laquelle il ne s’applique pas seulement puisqu’il pousse la barque encore un peu plus loin, jusqu’à fuir définitivement les différentes étiquettes qu’on tentera de lui coller. Ni electro, ni hip hop, ni rock, mais un peu tout cela à la fois, c’est ainsi que sonne Tobacco en 2010, à l’image de « Constellation Dirtbike Head » en guise d’ouverture pour le moins bruitiste, ou plus tard lors de quelques déclinaisons de la sorte (« Unholy Demon Rhythms »). Alors, l’Américain tente d’aguicher (« Lick The Witch », « New Juices From The Hot Tub Freaks »), mais peine véritablement à convaincre, et retombe malgré lui dans les travers de la majorité des productions Anticon aux allures d’expérimentations inachevées (« Motorlicker »). Jusqu’à ce qu’on croise enfin au tracklisting quelques titres moins médiocres que le reste pour qu’on en tire une infime satisfaction: « Fresh Hex » et « Grape Aerosmith » bénéficiant tous deux du seul featuring de l’album en la personne d’un Beck à l’aise dans ce capharnaüm, « Heavy Makeup » à l’electro pop écorchée, et « Six Royal Vipers 1 » pour une pause auditive bien méritée. Car, si la prise de risque de Tobacco reste à saluer, il faut bien avouer qu’à partir du moment où « Maniac Meat » est lancé dans la platine, on attend plus qu’une chose: que le calvaire cesse. Tout comme cette plaisanterie qui a déjà trop longtemps duré.

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4 Comments
  • Johan
    Posted at 22:44h, 13 juillet Répondre

    Ah, tu ne sais rein.

  • colombo
    Posted at 03:18h, 16 juillet Répondre

    ré-écoute le matthieu !
    je le trouve assez bon ce skeud , et pas bruitiste comme tu l’annonce ; ta chronique peut en décourager certains alors qu’il vaut le détour …… à mon goût.

  • Simon
    Posted at 09:09h, 16 juillet Répondre

    Excellent album pour quiconque en a assez du formatage radio/télé et à la recherche d’originalité. C’est de la musique pas un produit destiné à se vendre à 10 millions d’exemplaires!

  • ricardo
    Posted at 23:09h, 03 septembre Répondre

    Je n’arrête pas de lire des critiques très négatives…que je trouve bien injustifiées. Heureusement d’ailleurs que j’ai découvert cet album chez mon disquaire !
    C’est « noisy », bourré de distorsion, mais pourtant l’équilibre est trouvée pour rendre le tout cohérent. Et il y a vraiment des perles comme « Stretch Your Face « … Bref pour vous faire une bonne opinion par vous même, écoutez le !

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