The Murder Capital – ‘When I Have Fears’

The Murder Capital – ‘When I Have Fears’

Album / Human Season / 16.08.2019
Post punk

Alors que Fontaines D.C s’imposait récemment comme la révélation post punk de ce début d’année, c’est désormais au tour de The Murder Capital de brandir haut et fort les couleurs de son pays en prouvant une nouvelle fois au monde entier que non, l’Angleterre n’est pas le seul terreau fertile en matière de talent et d’originalité dans le petit monde du rock indépendant. Avec l’aide d’un certain Flood, alias Mark Ellis à la production (New Order, Nick Cave and the Bad Seeds, Nine Inch Nails), le premier album de cet autre quintet de Dublin rend un hommage des plus solennels à plusieurs décennies de post-punk, tout en réussissant l’exploit d’ajouter sa pierre à l’édifice avec des compositions élégantes et teintées d’une sobriété frisant la nonchalance.

For Everything, stupéfiante entame, fait office de porte blindée offrant un accès quasi instantané au monde intérieur propre aux cinq irlandais. Une atmosphère inquiétante semble émaner du morceau jusqu’à ce que la batterie, dangereuse et renforcée par une ligne de basse gutturale, nous fasse rapidement sombrer avec elle. Les accords précis, efficaces et légèrement dissonants participent à propulser l’ensemble avec énergie et vigueur tandis que la voix de James McGovern, aussi grave qu’habitée, semble difficilement contenir une rage que l’on sent palpable. On se laisse emporter dans ce tumulte jusqu’à ce que le brouillard se dissipe à mesure que les guitares s’adoucissent, et que la violence cède progressivement sa place à une ambiance plus endeuillée, comme le laissent suggérer les ‘For Everything, For Nothing‘ martelés à répétition par le chanteur. Si l’on retrouve cette impétuosité dans la volonté de laisser mots et notes se déverser sans entrave tout au long de l’album, on dénote cependant la même urgence se dégager de More is Less, Feeling Fades et Love, Love, Love.

A contrario, le disque contrebalance plutôt remarquablement ces montées en niveau par des compositions plus personnelles et poétiques, prenant pour la plupart ancrage dans le réel. Ainsi, le choix même du nom The Murder Capital est un hommage à un ami proche du groupe ayant mis fin à ses jours, tout comme la musique Green & Blue écrite dans la foulée. Don’t Cling to Life, elle, est une autre révérence à la mère de l’un des musiciens, décédée au cours de l’enregistrement de l’album. Slowdance I et II sont également plus réfléchies et progressives dans les motifs qu’elles développent, à l’image de On Twisted Ground, autre bijou du corpus développant une mélodie lourde en émotions, où les paroles élégiaques du chanteur viennent se sublimer aux accords mélancoliques délicatement travaillés par Gabriel Blake.

S’il est donc rare d’observer autant de maturité et d’introspection dans l’écriture d’un premier album, il l’est encore plus de voir ces éléments se conjuguer avec autant d’aisance et d’harmonie dans son rendu final. The Murder Capital frappe donc un grand coup avec ce When I Have Fears, et il fait bon espérer que la formation irlandaise nous promette encore d’agréables surprises, d’autant plus que ses prestations live parlent déjà pour elle.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
For Everything, More Is Less, Green & Blue, Slowdance II


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