The K. – ‘Amputate Corporate Art’

The K. – ‘Amputate Corporate Art’

Album / Jaune Orange / 03.04.2020
Grunge noise

The K. a patienté cinq années avant de donner un successeur à Burning Pattern Etiquette. Cinq ans passés à peaufiner cet album, ou à épauler d’autres formation belges. Entre temps, le line-up a évolué avec l’arrivée d’un nouveau bassiste, et le projet tout entier s’en est retrouvé grandi : le son frappe illico, la production est plus léchée. Si la rage des deux précédents LP est toujours présente bien que plus contenue, plus ajustée, The K. prend un virage, jusqu’à rendre ses déflagrations hurlées plus rares mais plus précieuses. L’expérience de Sebastien Von Landau chez Cocaïne Piss aurait-elle conduit le groupe à nuancer la violence de ses charges ?

L’album s’ouvre sur le très punchy The Future Is Bright, titre on ne peut plus inspiré pour ouvrir un disque sorti début avril 2020. Sous la houlette de Tim De Gieter (Brutus), le spectre sonore du groupe s’élargit, comme en témoigne le très beau et très calme Everything Hurts. Si, par le passé, the K. nous avait déjà offert un aperçu de ce qu’il pouvait donner en version plus calme (The Mermaid Of Venice), jamais il n’avait été aussi loin dans le planant, nous laissant entrevoir de nouvelles perspectives enthousiasmantes.

Le trio n’a jamais caché son admiration pour Nirvana (le lien physique entre les deux leaders est lui aussi assez frappant), jusqu’à nous permettre d’avancer que les précédents albums entretenaient une certaine filiation à Seattle avec les albums Bleach et In Utero. Sur Amputate Corporate Art, on flirte plus volontiers avec Nevermind dans cet interstice aussi riche que troublant entre calibrage radio et coup de poing dans la gueule (Dominant Track, Pretty Profit). Ici aussi, les refrains sont aussi entêtants que sortis des tripes, rendant The K. jouissif au point de vouloir l’accompagner dans ses hurlements (Pretty Profit, The Rougher Aspects Of Love).

Mais plutôt que d’aller lui chercher des parentés avec une scène nineties ou plus contemporaine (On pense à Idles), cet Amputate Corporate Art permet surtout d’affirmer The K. comme un nouveau fleuron de la foisonnante scène énervée belge, au même titre que It It Anita, Cocaïne Piss, Le Prince Harry ou Brutus. Et on a hâte, au vu de l’énergie explosive que balance le trio en live, de se jeter les uns sur les autres à son écoute, sans avoir à respecter les gestes barrières.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Shit Day, Dominant Tracks, Everything Hurts


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