The Heliocentrics – ‘Infinity of Now’

The Heliocentrics – ‘Infinity of Now’

Album / Madlib Invazion / 14.02.2020
Jazz kraut psyché

Depuis des décennies, le collectif anglais The Heliocentrics se faufile entre les genres, fuyant toute forme d’étiquetage et multipliant les associations avec de nombreux musiciens. Parmi leurs nombreuses collaborations, on épinglera par exemple celle avec Mulatu Astatke, une des meilleures fusions ethio-jazz, ou encore avec le papy afrobeat Orlando Julius. En près de 20 ans de musique, ils n’ont cessé de désorienter leur public en naviguant entre free jazz, musique de film, hip-hop, world music et krautrock, avec pour seuls fils conducteurs l’éclectisme et la qualité.

Avec Infinity of Now, le groupe londonien ne déroge pas à la tradition. 99% Revolution nous plonge d’emblée dans un nouvel univers fait de sons bruts et de synthés crasseux, tout en nous faisant découvrir la voix sépulcrale de Barbora Pátková (déjà présente sur leur précédent opus). La seconde plage, Venom, évoque Beak> dans sa capacité à magnifier le lugubre en utilisant des sons psychés guidés par une basse hypnotique. La progression kraut aboutit sur un climax, subtilement interrompu par des cordes et des sons semblant tout droit sortis du cerveau abîmé de Syd Barrett, quand Burning Wooden Ship prend son inspiration du côté des teutons de Can, qui demeurent une source d’inspiration majeure en 2020.

La voix de la slovaque Barbora Pátková colore l’album d’une certaine noirceur envoûtante et inhabituelle. Light in the Dark, joliment guidé par ses murmures slaves, démontre le pouvoir de chaleur de cette langue. Le groupe n’hésite pas non plus à rappeler son pedigree en insufflant des notes de free jazz sur le pesant Elephant Walk ou afro-jazz sur Hanging by a Thread. Elephant Walk illustre au passage la démarche presque ludique des londoniens. Ils parviennent à nous transporter dans la peau du pachyderme qui lentement s’anime… La balade se transformant sur la fin du morceau en une véritable cavalcade, où le lourdaud se mue progressivement en Dumbo volant enfin de ses propres ailes.

Le voyage s’achève hélas un peu rapidement par une épopée de 10 minutes (People Wake Up!). Les sons feutrés du début laissent place à des sonorités arabisantes délectables, guidés par la basse subtile de Jake Ferguson. Pourtant, les violons s’énervent soudainement et la dernière minute semble destinée à marier les canadiens de Silver Mount Zion à nos jazzeux britanniques. Malgré une certaine frustration liée à sa durée trop courte, le batteur Malcolm Catto et le bassiste Jake Ferguson poursuivent, avec Infinity of Now, leur passionnante exploration musicale.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Light in the Dark, Venom, People Wake Up!


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