The Get Up Kids – ‘Problems’

The Get Up Kids – ‘Problems’

Album / Polyvinyl – Big Scary Monsters / 10.05.2019
Emo punk

Sortir un deuxième album aussi important que Something to Write Home About, seulement quatre ans après ses débuts, n’est qu’un plaisir à court terme. Demandez aux Get Up Kids qui, dans la foulée de leur chef d’oeuvre, l’ont fuit comme le feu, ont contredit leurs inspirations pour que le piège de l’éternelle comparaison ne se referme à jamais sur eux. Si, avec le recul, la démarche est louable et compréhensible, entendre le groupe sombrer à l’époque dans une pop plus grand public, acoustique parfois, à mille lieux de celle qui l’a révélée, n’a pas toujours été facile à accepter. Pour preuve, à l’instar de Weezer et de ses deux premiers albums indémodables, The Get Up Kids ont fini par lasser. Ce n’est donc qu’en passant par de longues périodes d’absence que la bande de Matt Pryor a d’abord pu retrouver l’envie (There Are Rules en 2005), puis reprendre goût à l’énergie punk de ses débuts. Le maxi Kicker, qui annonçait une signature chez Polyvinyl l’an dernier, confirmait définitivement que la locomotive émo punk était bien relancée sur de bons rails.

Reste à savoir si Problems comble enfin le manque qui se fait cruellement sentir depuis bientôt vingt ans; autrement dit si The Get Up Kids ont encore l’énergie et les ressources pour aligner des refrains d’anthologie, composer des hymnes capables d’atteindre des altitudes inespérées, et renouer avec l’efficacité restée inégalée de leurs Holiday, Red Letter Day, ou Ten Minutes remis depuis aux mains de l’éternité. Ce nouvel album a beau avoir assez d’arguments pour faire de lui le meilleur disque du groupe depuis 1999, on ne va pas tergiverser : la réponse est non. Tout simplement parce que les mecs n’ont plus vingt piges et qu’avec le temps, la spontanéité, la fougue, et la naïveté qui illuminaient leurs débuts ont naturellement fondu comme neige au soleil, laissant ‘seulement’ derrière elles le fruit d’un plaisir bien conservé car entretenu.

Problems ne réécrit donc pas l’histoire des Get Up Kids mais y ajoute un chapitre important, celle d’une résurrection inespérée à l’heure ou un revival émo punk n’est plus très loin de s’abattre sur nous. Là, pas de doute que ces mecs auront encore leur mot à dire, bien que l’intensité du répertoire avance désormais en dents de scie, et que les préoccupations exprimées aient changé. Alors qu’il y a vingt ans, ils livraient en musique leurs émotions post adolescentes, ils s’inspirent aujourd’hui du caractère introverti d’un fils (Satellite) ou du décès d’une mère (le final Your Ghost Is Gone), rappelant à qui veut bien l’entendre que les soucis grandissent avec le temps.

Mais l’essentiel est ailleurs. Plus ancré dans sa tradition qu’un déconcertant et peu mémorable There Are Rules (2005), plus rock et inspiré que n’importe lequel des albums sortis depuis Something to Write Home About, Problems passe la nostalgie 1999 au polish, et ce dès l’entame Satellite qui gomme illico les erreurs de parcours. Plus pop que son incontournable aîné (The Problem Is Me, Salina, Common Ground et ses arrangements plus electro), frappé d’une diversité rythmique remarquable, nourri par toutes les expériences individuelles accumulées par le quintet ces deux dernières décennies, il n’en reste pas moins accrocheur, laissant sur son passage quelques réjouissances de premier ordre (Lou Barlow, Waking Up Alone, The Advocate), autant de preuve irréfutables que The Get Up Kids n’ont rien perdu de leur puissance mélodique. Avouons qu’on aurait signé les yeux fermés pour moins que ça.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Satellite, The Problem Is Me, Lou Barlow, Waking Up Alone


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