Stephen Malkmus – ‘Groove Denied’

Stephen Malkmus – ‘Groove Denied’

Album / Domino / 15.03.2019
Indie rock electro


Débuté aux alentours de 2010 au cours d’un voyage initiatique à travers la vie nocturne berlinoise, Groove Denied est le deuxième ‘véritable’ album solo de Stephen Malkmus et fait suite à son opus éponyme paru en 2001. Globalement beaucoup plus éclectique que la plupart des disques précédemment sortis sous l’égide de l’ex-Frontman de Pavement, Groove Denied se veut une chimère des plus fascinantes de toute son oeuvre, prenant racine quelque part entre le post-punk inspiré de la fin des années 70 et le Krautrock période Kraftwerk. Si les éléments électroniques – jusqu’à lors très peu expérimentés par Malkmus, tous projets confondus – sont ici prépondérants et remarquables dès les premières notes de Belzinger Faceplant, ceux-ci, intelligemment travaillés et savamment disséminés, contribuent à créer une atmosphère riche et complexe, tantôt minimaliste aux allures DIY (Bossviscerate, Rushing The Acid Frat), tantôt plus disco et groovy (Viktor Borgia), mais jamais ennuyante.

Cela dit, Malkmus, toujours enclin à satisfaire les fanatiques de sa substantifique moelle, ne s’est ici pas totalement abandonné à un exercice de style, et sait nous ramener sur des terrains plus familiers, notamment avec Bossviscerate et Grown Nothing aux guitares rayonnantes, ou encore Ocean of Revenge et Love The Door. Ces quelques expérimentations supplémentaires dans la boîte à outils du passionnant californien, combinés aux talents de songwriter et de guitariste qu’on lui connaît depuis maintenant presque 30 ans, lui permettent de s’échapper quelque peu de l’enclave dans laquelle il s’était jusqu’alors enfermé, d’abord avec Pavement puis avec les Jicks. Ici, on sent que l’artiste lâche plus que jamais du leste dans son processus créatif et nous emporte avec lui dans les influences qui l’ont conduites à accoucher de ce nouveau Groove Denied. Ainsi, quelques bijoux se démarquent du corpus, et marqueront à coup sûr la discographie de Malkmus : Viktor Borgia, en premier lieu, que l’on croirait tout droit sortie d’un Low ou autre Lodger tant les références à Bowie sont habilement maîtrisées, mais également la très psychédélique et flottante Rushing The Acid Frat.

Bien que rompant quelque peu avec le son atemporel qui aura contribué à le hisser au rang de demi-dieu du rock indé, Malkmus signe donc ici un de ses opus les plus personnels, et dont les différentes facettes régaleront à coup sûr les aficionados de son travail, tout comme les amateurs de nouvelles sonorités. Le roi Malkmus est mort, longue vie au roi Malkmus.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Belzinger Faceplant, Viktor Borgia, Rushing the Acid Frat


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