Soulside – ‘A Brief Moment in the Sun’

Soulside – ‘A Brief Moment in the Sun’

Album / Dischord / 18.11.2022
Rock alternatif

Lorsqu’on évoque Dischord, certains noms nous viennent très vite à l’esprit : Fugazi bien sûr, mais également Dag Nasty, Hoover, Jawbox, Q And Not U, Rites of Spring ou encore Faraquet. Mais en regardant de plus près le catalogue du label, on se dit qu’on a certainement dû manquer moult pépites parmi la presque soixantaine de groupes passés par l’écurie co-fondée par Jeff Nelson et Ian MacKaye à l’époque de Minor Threat. Parmi eux, les amateurs de post-hardcore sont peut être passés à côté de Soulside, dont la carrière fut relativement courte avant que trois de ses membres forment ensuite – avec leur producteur Eli Janney – le groupe Girls Against Boys qui connaîtra, lui, un plus large succès au sein de cette scène.

Les annonces successives de mini-tournée de reformation en 2014 après un hiatus de 25 ans, puis de la sortie d’un EP et à présent de ce nouvel album, ont dû remplir d’émotion les fans de la première heure, comme elle ont sans doute suscité la curiosité des autres. Pourtant, dès les premiers instants de A Brief Moment in the Sun, on remarque que le son des Américains a beaucoup évolué et ce, bien que le line-up n’ait pas bougé d’un iota depuis leur séparation. Rien de vraiment surprenant en soit car, si l’on effectue un rapide bon dans le passé, on constate que les quatre n’ont jamais véritablement goûté la stagnation. En effet, alors que le premier LP (Less Deep Inside Keeps) s’ancrait dans un punk hardcore à la sauce Dischord, le second (Hot Bodi-Gram) avait pris une tangente post-hardcore à mi-chemin entre Lungfish et Fugazi, tout en préfigurant en partie la manière dont allait ensuite sonner Girls Against Boys.

Alors que l’on y retrouve l’empreinte du guitariste Scott McCloud – véritable machine à riffs ravageurs soignant plus que jamais ses textures – et de ses acolytes Alexis Fleisig (batterie) et Johnny Temple (à la quatre-cordes très post-punk), l’un des changements majeurs de ce nouvel album provient du chant de Bobby Sullivan : les intonations post-hardcore de l’époque ont laissé place à un timbre plus chaleureux et un phrasé plus groovy, rappelant notamment Greg Dulli (The Afghan Whigs, The Gutter Twins) quand il ne tend pas par moments vers des sonorités un peu plus rauques à la Mark Vecchiarelli (Shades Apart). Par ailleurs, activiste de tous temps se battant pour une meilleure justice sociale et contre le racisme, Sullivan continue de se poser en défenseur de ces thématiques (There’re so many people struggling / There’re so many people hustling / There’s a new generation coming in), dans des textes structurés sous formes de véritables narrations. Au final, ces douze nouveaux titres sonnent bien plus rock que post-hardcore, un rock lumineux et accrocheur où se côtoient éléments noise rock (Day 2, Reconstruction), post-punk (Rediscovery, Survival), et résurgences punk-rock (Runner).

Parmi les nombreux retours aux affaires qui ont animé ces derniers mois, celui de Soulside donne du baume au cœur grâce à la sincérité qui s’en dégage, si chère à la scène punk rock, mais aussi à la symbiose qui règne entre ces quatre musiciens, avant tout unis par l’amitié commune d’une vie. Au-delà de sortir cet excellent – et inespéré – nouvel opus, le quatuor offre par la même occasion l’opportunité de nous replonger dans l’intégralité de sa discographie, en poussant même jusqu’à son premier 45t : un split sous le nom de Lünch Meat, son patronyme initial, partagé avec Mission Impossible, le premier groupe d’un certain Dave Grohl…

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE

Day 2, Every Clover, Tambourine, Reconstruction, It’s All About Love


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