Robot Orchestra – ‘V’

Robot Orchestra – ‘V’

Album / Klonosphère / 16.02.2024
Post rock

Sobrement baptisé V, le nouvel album de Robot Orchestra est un parcours tracé à quatre mains sur une carte, un road trip reliant six villes européennes où Dimitri Chaillou et Steve Perreux ont posé leurs amplis lors de précédentes tournées. En plongeant dans leurs souvenirs, les rochelais raniment leur post rock atmosphérique pour un voyage immobile aux mélodies profondes.

La mécanique Robot Orchestra redémarre dès les premiers accords de Riga. Pied au plancher, le groupe assène illico un refrain ultra accrocheur rappelant l’énergie punk noise de son précédent disque, Birth(s) (2017), et plus loin encore Now We Can Walk (2012), son hymne à jamais indélébile. Puis, très vite, polyphonies vocales débordantes et accumulations d’ambiances philarmoniques, assurées autant par des guitares prospères qu’ici et là par les compagnons d’aventure Johan Gardré (violon) et François-Pierre Fol (violoncelle), viennent alors relayer ce premier mouvement vers des reliefs aux paysages inquiétants (Ljubljana, Krakow). Sur ce terrain changeant, plus introspectif, la caravane Robot Orchestra mesure son avancée en prenant son temps, le regard posé autant sur la boussole de ses émotions écorchées que sur le contrôle d’une fougue capable d’exploser à tout moment. Une méthodologie immanquablement fidèle aux recettes du post rock, déjà éprouvées par les charentais sur leur troisième album (Robot Orchestr3, 2014), mais qui ici vient s’aventurer sur des territoires laissés en jachère par Envy (Benicarlo) ou Radiohead (Penafiel).

Entre hautes altitudes contemplatives et profondeurs organiques, le groupe enrichit également son propos de touches électro, garanties dans tous les recoins du disque par un Dimitri Chaillou dont les bras ne semblent apparemment pas suffisamment occupés à fournir la richesse rythmique de l’ensemble. Mention spéciale pour Ostrava. Ce dernier se risque également à l’enregistrement de ce cinquième album qui, si l’on chipote un peu, pêche par endroits de petites faiblesses de production au niveau des chants pourtant remplis de promesses mélodiques, qui trouveront sans peine leur pleine puissance lors des prochains concerts du combo. Car, en près de quinze années d’existence, Robot Orchestra n’en est plus au stade des hésitations. Augmenté d’une forme d’apaisement gagnée autant à la force de l’âge qu’à l’expérience, V correspond en tous points aux esthétiques avec lesquelles le duo a grandi et se révèle être une belle incitation aux rêveries agitées. Cohérent.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Riga, Penafiel, Ostrava

EN CONCERT

Pas de commentaire

Poster un commentaire