Pedro The Lion – ‘Havasu’

Pedro The Lion – ‘Havasu’

Album / Polyvinyl / 20.01.2022
Indie rock

Lake Havasu City est une ville de l’Arizona. C’est au sein de cette localité qui l’a vu grandir adolescent qu’est revenu David Bazan pour trouver l’inspiration d’un nouveau chapitre d’une série de cinq, consacrée à ses souvenirs d’enfance et entamée en 2019 avec Phoenix qui voyait son groupe originel Pedro The Lion réanimé après plus d’une décennie de silence. Un peu plus tard que prévu, le songwriter continue donc son travail d’introspection nostalgique en livrant son deuxième volet, Havasu.

Comme toujours, Bazan a d’abord travaillé seul à l’élaboration de ce nouvel album. Puis lorsqu’il est entré en studio au côté du producteur Andy D. Park (déjà présent sur Phoenix), les deux se sont rendus à l’évidence qu’une configuration sonore épurée, proche du Pedro The Lion de l’époque Control (2001), semblerait la plus adaptée pour les nouvelles compositions d’Havasu. Belle idée, car c’est du coup entouré de l’inventif Sean T. Lane (batterie), d’Andy Fitts (claviers) et d’Erik Walters (guitare), musiciens qui l’épaulent régulièrement en live et capables également d’intelligentes modérations, que Bazan se raconte dans la justesse vocale qu’on lui connait.

Don’t Wanna Move amorce l’album dans une approche décousue, remplie de respirations qui ne déplairaient certainement pas à Geoff Farina (Karaté). Et passé outre Too Much ou Teenage Sequencer, un tantinet plus classiques et vraisemblablement nourris de l’intérêt porté par David Bazan à Tom Petty, la tonalité générale du disque penche avec virtuosité dans des paysages orientés avec minutie vers la mélancolie.

Mais surtout, même si les musiciens originels de Pedro The Lion ne sont plus là, sa nouvelle équipe puise sa plus grande justesse dans l’héritage des mid-tempo mythiques du combo, ceux-là même qui ont fait son sublime d’antan (First Drumset, Making The Most Of It). A cet endroit, le groupe a toujours su être imparable et le prouve encore jusqu’au triptyque final (Stranger, Good Feeling et Lost Myself) n’ayant pas d’égal pour sublimer à nouveau toute la superbe et l’habileté d’un David Bazan semblant ragaillardi dans ses intentions.

Autant dans son empreinte que dans son emprise mélodique, Havasu est un disque ouvertement magnifique. Et tout aussi magique, car capable de saisir sans forcer les émotions. Indiscutablement, Pedro The Lion a retrouvé l’équilibre parfait en frappant au bon endroit en plein milieu de l’hiver, lui redonnant ainsi toutes ses lettres (majuscules) de noblesse. Pourvu que le troisième chapitre nous offre autant de beauté.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Don’t Wanna Move, First Drumset, Making The Most Of It, Stranger, Good Feeling, Lost Myself

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