Osees – ‘Metamorphosed’

Osees – ‘Metamorphosed’

Album / Castle Face / 16.10.2020
Psyché hyperactif

Le confinement ayant permis à John Dwyer de travailler encore plus qu’à l’accoutumée, Osees ne sortira pas deux albums, mais trois, au second semestre 2020. De quoi s’égarer plus que d’ordinaire dans l’actualité du groupe. En effet, si le rythme a toujours été effréné, et le public d’autant plus fidèle qu’il est affamé, il est osé de sortir aujourd’hui ce Metamorphosed si peu de temps après Protean Threat, et alors que se profilent déjà les premiers extraits de Panther Rotate. A la première écoute, avec ses trois titres explosifs de moins de deux minutes puis deux dépassant le quart d’heure, ce nouvel album donne le sentiment d’une compilations de faces B, ou de fonds de tiroirs de studio. Ce qu’il est d’ailleurs.

On imagine le difficile choix des artistes face à la quantité d’échantillons de matière rock au moment de monter leurs albums. Osees aura donc du choisir au moment de Smote Reverser (2018), et plutôt que de sacrifier Saignant, Electric War et Weird and Wasted Connection, le groupe les a rendus autonomes, comme pour ne pas brider son explosivité hyperactive. Sur des rythmiques qui structurent confortablement l’écoute, les californiens alternent les distorsions en imposant alternativement leur science du jeu et de l’effroi.

La colonne vertébrale est malgré tout à chercher dans les deux titres fleuves, The Virologist et I Got A Lot. On y trouve un usage des machines notablement renforcé : sur le premier, elles prennent progressivement le pas sur les sonorités free-jazz de guitares claires et joueuses, avant que le groupe impose toute sa maîtrise et ses influences psyché dans un incroyable dialogue machine/guitares hard-rock. Mais c’est I Got A Lot qui marque les esprits en nous emportant dès les premiers riffs dans une transe tribale, au sein de laquelle vient se nicher un chant possédé, porté par un würlitzer céleste. Le morceau s’étire dans un écho maniéré qui conduit un jam brillant où alternent guitares, claviers et percus, toujours plus inspirés.

Il n’y a jamais vraiment de challenge pour Osees. Boulimiques, ils arrivent à donner sens à chaque disque. Entre deux albums plus élaborés et attendus, Metamorphosed fait figure de bonus dans la discographie du groupe, mais confirme aussi sa maîtrise de tous les formats. Henchlock, ce titre infini de Face Stabber, n’était donc que la concrétisation d’expériences se faisant attendre.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
The Virologist, I Got a Lot


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