Nothing – ‘Dance On The Blacktop’

Nothing – ‘Dance On The Blacktop’

Album / Relapse / 24.08.2018
Heavy shoegaze


Il se pourrait que la vie se charge elle-même de cultiver la mélancolie chère à Nothing et son leader Domenic Palermo. Visez plutôt : passé par la case prison avant la sortie du premier album, tabassé jusqu’au trauma crânien à l’époque du second, le chanteur s’est vu déceler une maladie cérébrale dégénérative avant même de s’attaquer à Dance On The Blacktop, ce nouvel opus d’où transpire le plus logiquement du monde ses sempiternelles élans dépressifs. Mais n’allez pas croire que le groupe va définitivement vous passer la corde au cou pour autant : en neuf titres, il entretient sans cesse ce contraste saisissant et originel entre la beauté de ses harmonies et la noirceur désespérée émanant des textes sortis délicatement de la bouche de son frontman.

Sous l’égide de John Agnello (Sonic Youth, Dinosaur Jr) et bien instruit par les erreurs d’un deuxième opus manquant un poil de conviction, Nothing reste donc figé sur son petit rythme d’un album tous les deux ans, et lâche ici une troisième salve à l’effet immédiat, ou shoegaze, grunge, dream pop et post hardcore s’unissent une nouvelle fois pour le meilleur. Porté par sa mélancolie de toujours (Plastic Migraine, Hail On Palace Pier), le quatuor ne freine plus ses élans de puissance (Zero Day, Us/We/Are rappelant inexorablement Creep de Radiohead), les opposent à des titres nettement plus introspectifs (The Carpenter’s Son), et rend surtout ce Dance On The Blacktop mémorable grâce à quelques tubes dont les mélodies s’incrustent à jamais dans les esprits (I Hate The Flowers, l’irrésistible You Wind Me Up).

Nothing prend son temps, étire ses morceaux, érige de hauts remparts guitaristiques dont Palermo fait aisément son terrain de jeu favori alors qu’il extériorise ses angoisses, douleurs, et pensées dépressives : une recette qui, si elle parait archi-rabattue sur le papier, trouve encore pas mal d’intérêt et de singularité ici grâce à un talent d’écriture certain, et une puissance émotionnelle à toute épreuve. Mais l’enthousiasme de se plonger dans la musique du groupe semblant étroitement lié à la descente aux enfers de Palermo, on ne sait plus quoi souhaiter.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Zero Day, You Wind Me Up, I Hate The Flowers


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