NOFX – ‘Double Album’

NOFX – ‘Double Album’

Album / Fat Wreck Chords / 02.12.2022
Punk rock

Fat Mike a probablement parlé un peu trop vite. D’abord parce que ce Double Album ne sera finalement pas le dernier de NOFX comme il a pu le déclarer, le californien ayant récemment avoué à The Music en avoir encore une poignée d’autres en préparation. Ensuite parce qu’en attribuant un tel statut à ce dernier né, il n’a fait que décupler les attentes d’un public qui, qu’il soit fidèle ou critique, avait hâte de mesurer la portée de cette toute dernière note résonnant au bout d’une histoire de quarante ans.

Et soyons clair : Double Album – qui n’en est pas un, rappelons-le – n’a rien d’un bouquet final. Pour en comprendre la genèse, il faut d’ailleurs remonter le temps de quelques mois, alors que le bassiste-chanteur planchait sur un disque d’envergure, jusqu’à se rendre compte que sa seconde moitié méritait d’être encore travaillée. La première, Single Album, est donc sortie l’an passé, laissant Fat Mike retourner donner un peu de consistance à ses compositions, pour une suite dont on vous parle aujourd’hui.

Fier comme un coq du travail accompli au point de comparer ce Double Album à ce que NOFX a pu sortir dans les années 90, Mike Burkett fait le beau, un peu trop s’il on en croit l’écoute de ces dix nouveaux titres assez fades au premier abord, plus solides au fur et à mesure des écoutes. Rien pourtant qui puisse tenir la dragée haute aux Ribbed, White Trash Two Heebs and a Bean, ou Punk In Drublic qui ont mis le groupe sur sa rampe de lancement alors que le punk rock mélodique entrait dans chaque foyer par la grande porte. Non, notamment parce qu’il plane un spleen plus que palpable sur l’ensemble de cet album, comme si les californiens ne parvenaient définitivement plus à regarder devant, comme constamment happés par un passé inégalable (Darby Crashing Your Party). Aussi parce que, de chacun de ces titres transpire cette routine qui semble avoir eu raison de NOFX. ‘Je ne veux tout simplement plus jouer, j’en ai tellement marre d’être Fat Mike sur scène. J’ai bien plus à donner que de jouer les mêmes putains de chansons aux mêmes personnes’ lâchait aussi le frontman au même média australien.

Pas de coups d’éclat donc. Quelques banalités en revanche, parmi lesquelles Is It Too Soon If Time Is Relative? ainsi que Punk Rock Cliché, un morceau écrit à l’origine pour Blink 182 et considéré comme un vrai tube par le groupe avant que Travis Barker et Mark Hoppus le refusent après avoir appris qui en était l’auteur.

Il faut donc picorer au sein de ce Double Album pour y trouver une vraie saveur. Celle de quelques refrains efficaces (My Favorite Enemy), des contributions vocales particulièrement dynamiques d’Eric Melvin, de fraiches poussées punk rock encadrant un reggae fadasse sur le diptyque Don’t Count On Me – Johanna Constant Teen aux contours de comédie musicale. Mais on retiendra surtout de cette ‘ultime’ salve le talent de songwriter de Fat Mike, capable ici de faire sourire avec des mots glauques sur les désintoxication express (Fuck Day Six) ou les règlements de compte familiaux (Three Against Me), comme de faire rire tout court en racontant les frasques de son  tour manager (Alcopollack). De quoi laisser penser qu’à 55 ans, le bonhomme peut désormais envisager la retraite en écrivant pour les autres (son nouveau projet Cofedendants notamment), et en se lançant pour de bon dans une carrière de stand-up tout juste débutée.

ECOUTE INTEGRALE

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A ECOUTER EN PRIORITE

My Favorite Enemy, Fuck Day Six, Alcopollack, Three Against Me


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