Mount Kimbie – ‘The Sunset Violent’

Mount Kimbie – ‘The Sunset Violent’

Album / Warp / 05.04.2024
Electronica

Marrez-vous, pouffez autant que vous voulez mais admettez-le : il fut un temps où l’on parlait sans sourciller de post-dubstep pour désigner ces groupes pré-Brexit qui élargissaient le spectre du genre en empruntant à l’IDM ou au trip-hop. Mount Kimbie en était l’un des chefs de file, la faute à la sortie sur Hotflush – label phare de la scène dubstep londonienne – de ses premiers EPs Maybes et Sketch On Glass en 2009.

Quinze ans plus tard, le groupe emmené par Kai Campos et Dominic Maker, un pied à Londres, l’autre à Los Angeles, aura au moins réussi à s’extirper de cette étiquette has-been (ah, c’est has-been de dire has-been ?) tout en continuant sur sa lancée. Warp courtesy ; parlons maintenant d’electronica. Et justement, alors que la dernière livraison du groupe, MK 3.5: Die Cuts | City Planning, sortait des clous et faisait plutôt office de compilation réunissant sur chaque face les productions distanciées des deux compères, eux-mêmes distanciés de 9000 kilomètres, The Sunset Violent voit le retour d’une composition à quatre mains.

C’est dans le bled pas si perdu de Yucca Valley (Yukka Tree), à 37 miles de Palm Springs, sous un soleil californien impitoyable, que le duo s’est donc retrouvé pour dessiner les contours de ce nouvel album avant de finir sa mue en quatuor, accompagné de Marc Pel et d’Andrea Balency-Béarn, sous le ciel pluvieux de Londres. Un disque qui rappelle comment Mount Kimbie fait fi des étiquettes en gardant le cap, imperturbable : le juste dosage entre mélodie, électronique et guitare, murs soniques et arrangements minimalistes (A Figure In The Surf), fait décidément recette.

De la même manière, collaborateur de longue date, King Krule invite de nouveau son timbre écorché sur deux titres, Empty And Silent et Boxing, morceau au spleen évident qui noie finement la boîte à rythmes sous un voile électrique. The Sunset Violent reste sur des ambiances déclinantes, celles des couchers de soleil qui voient les émotions de la journée refluer avec son lot de pincements au cœur et de perspectives incertaines (Dumb Guitar). Les guitares embrument le champ de vision, l’horizon ne se dégage qu’au gré des intrusions rythmiques épurées, seuls éléments nets de ce paysage (Fishbrain). C’est peut-être ça qui, sans avoir l’air d’y toucher, définit plus la musique de Mount Kimbie que les frontières volatiles d’une définition dictée ou soumise aux aléas des effets de mode.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Dumb Guitar, Fishbrain, Shipwreck

EN CONCERT

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