Melody’s Echo Chamber – ‘Emotional Eternal’

Melody’s Echo Chamber – ‘Emotional Eternal’

Album / Domino / 29.04.2022
Pop psychédélique

C’est partagé entre légère appréhension et réelle impatience que l’on guettait la sortie du nouvel album de Melody’s Echo Chamber. Le micro-buzz entourant son premier LP (2012) nous avait, à l’époque, plus irrité que séduit, surtout en raison de son approche marketing (album produit par Kevin Parker de Tame Impala / icône en devenir) qui occultait tout le reste. Circonspects, nous n’attendions de fait pas grand chose de Bon Voyage (2018), mais nous avions tort tant ce deuxième album fut une jolie surprise, un pur délice pyché-pop.

Emotional Eternal aura donc été ici accueilli avec défiance, un peu le cul entre deux chaises. On regrettera pourtant rapidement d’avoir été aussi précautionneux car ce nouvel opus se traverse comme un rêve éveillé, vaporeux et acidulé. Huit morceaux durant, Melody y prend un malin plaisir à nous entraîner dans des limbes qui n’appartiennent qu’à elle, et à nous confronter aux muses, nymphes et autres gentils démons qui l’ont accompagnée dans son périple.

Emotional Eternal est une œuvre riche et subtile, à la production et aux arrangements délicats. A ce titre, l’apport des scandinaves Reine Fiske – membre de Dungen – et Fredrick Swahn mérite d’être salué. Moins grandiloquent et plus personnel que ses prédécesseurs, ce troisième album est une succession de trouvailles inspirées : le pont d’Eternal Emotional, la guitare anatolienne de Pyramids In The Clouds qui rappellera discrètement Altın Gün ou Yīn Yīn, le gimmick de piano gainsbourien et les nappes de cordes finales de Alma / The Voyage… La liste pourrait être longue.

Tout n’est cependant pas parfait, le falcetto enfantin de Melody Porchet pouvant se révéler lassant sur la durée (Looking Backward). Aussi, The Hypnotist nous confortera dans l’idée que les médecines parallèles ne sont décidément pas faites pour nous. On pourra également reprocher à l’ensemble de sentir un peu trop le savon, et pas assez la sueur. Ces petits travers et autres accidents de parcours anodins seront cependant vite oubliés. Cette période électorale aidant, Emotional Eternal célèbre le changement dans la continuité (Georges Pompidou-1969) et la force tranquille (François Mitterrand-1981).

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Emotional Eternal, Pyramids In The Clouds, Personal Message, Where The Water Clears The Illusion, Alma_The Voyage


1 Comment
  • Carsten
    Posted at 15:44h, 29 avril Répondre

    Très bien cette chronique. J’attends avec impatience un album qui évoquera l’inoubliable slogan « Giscard à la barre » (avec un accent sur le « a »).

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