Meatbodies – ‘333’

Meatbodies – ‘333’

Album / In The Red / 03.09.2021
Garage psyché

On peut se demander si la présence d’un arc-en-ciel sur la pochette dessinée de 333 est un clin d’oeil à la présence du même spectre lumineux sur l’artwork de Harmonizer, le dernier Ty Segall, tant les deux formation semblent liées par leur parcours et collaborations respectives. Au point de projeter une légère ombre sur le groupe de Chad Ubovitch, facilement réduite en Segall’s like ou groupe filleul de l’homme à tout faire des nouveaux Harmonizers Studios.

Certes, les ressemblances stylistiques sont flagrantes, les formations partageant des tropismes similaires, un gout pour les distorsions nineties couplées à une fascination pop. Mais 333 vient affirmer une nouvelle identité de Meatbodies, moins marquée garage, plus orientée vers la production studio. Probablement parce que le groupe, dont le son des albums antérieur Alice et Meatbodies était marqué par le sceau du live, a eu un épuisement consécutif à sept années sur les routes, conduisant son leader à une pause, tant par Burn-Out que pour en finir avec les classiques addictions trop souvent consécutives à un tel rythme.

Plus qu’un album de la sobriété (étape parfois douloureuse pour des artistes dont les sucs et la saveur esthétique sont intrinsèquement liés à leurs démons), 333 sonne un renouveau qui viendrait envoyer un bon coup de latte dans les démons en question, en allant chercher l’ivresse dans le sonore plutôt que dans l’ethanol. L’entrée de Reach For The Sunn, qui inaugure le disque, est révélatrice. Après quelques mesures d’un riff garage extrêmement efficace et des paroles faisant rimer  Reach for the sunn et Reach for the gun, une deuxième guitare – aussi vacillante que saturée – vient donner à l’entrée de la batterie une puissance jubilatoire : comment remplacer une série de shots de vodka par une disto savamment choisie.

L’album est court, à la limite de l’EP. On y entre par le coup de poing introductif et on en ressort par The Hero, rappel d’un Beck période Mellowgold, avec un fantôme Beatles toujours présent (Ubovitch a déclaré qu’en retrouvant une partie des maquettes de ce 333, elles lui évoquaient un Magical Mystery Tour flippant). Ce final ouvre clairement de nouvelles portes dans la discographie du groupe californien, autant que l’instrumental Eye Eraser, d’une simplicité redoutable, dont le message sonique se situe quelque part entre ‘I don’t give a fuck’ et ‘foutez moi la paix’, le tout enrobé dans une mélodie qui n’est pas sans rappeler le Sister de Sonic Youth. Tout un programme.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Reach For The Sun, Eye Eraser, The Hero


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