L&S – ‘When The Vowels Fall’

L&S – ‘When The Vowels Fall’

Album / Serotine / 23.09.2022
Indie post rock

Multiplier les possibilités par le nombre comme par le talent. C’est ce qu’ont tenté de vérifier G.W. Sok (The Ex, Oiseaux-Tempête…) et le multi-instrumentiste Anthony Laguerre, familiers l’un et l’autre depuis qu’ils ont oeuvré ensemble en 2015 pour Like It Is, dernier album de Filiamotsa : une collaboration que le duo a voulu poursuivre quelques années plus tard, motivé par un mariage singulier de rock indé, de poésie et de rock symphonique. Car, pour l’occasion, L(aguerre)&S(ok) se sont offerts les services du batteur Jean Michel Pirès (The Married Monk, Bruit Noir), du guitariste Eric Thomas et – excusez du peu – de l’orchestre du Gradue Ad Musicam de Nancy dirigé par François Légée. De cette fusion d’habilités est donc né When The Vowels Fall : un album d’une classe, d’une richesse et d’une profondeur à flanquer le tournis.

Rencontre de trois mondes qui, sur le papier, ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde, L&S surprend par sa juste mesure des éléments qui le composent. A l’oeuvre comme s’il illustrait les images d’un film, l’orchestre tisse une toile de fond solide et sensible, saupoudre d’arrangements subtils les inspirations rock et poétiques du duo, comme pour appuyer la narration des morceaux et offrir au disque un relief addictif. Car une fois plongé dans les arpèges de l’entame Brother Bomb Blues, dont la gravité du propos se trouve décuplé par les envolées de cordes et cuivres, difficile de rester insensible à la magie qui opère tant elle se drape d’évidence.

On se laisse donc emporter, que les violons s’emmêlent dans le groove intense de Utter Matter, qu’ils sautillent habilement sur les notes de guitare d’un Medicine achevé en bourrasque cuivrée, que l’abstraction cinématographique prenne le pas (Down Goes to Blue, Krant & Schaar) ou que les mots de G.W. Sok – empruntés à divers poètes (For You My Love) ou inspirés de faits d’actualité récents (Can’t Breathe reprend les derniers mots prononcés par George Floyd avant d’être étouffé par un policier zélé) – n’en finissent plus de nous happer (A Case of Fire).

Forcément mature car né d’esprits et d’expériences qui le sont tout autant, When The Vowells Fall saisit surtout par l’intimité qu’il instaure avec l’auditeur malgré les dizaines de musiciens qui s’activent en fond, et les passages plus colériques qui le ponctuent. A l’instar de Swans ou des Bad Seeds qui en ont fait plus qu’une marque de fabrique, L&S évite parfaitement le piège de la grandiloquence pour signer un des albums les plus inattendus et marquants de ces derniers mois.

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A ECOUTER EN PRIORITE

Brother Bomb Blues, Medicine, Can’t Breathe, A Case of Fire


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