John Grant – ‘Boy From Michigan’

John Grant – ‘Boy From Michigan’

Album / Bella Union / 25.06.2021
Synth pop

Le cinquième album de John Grant, Boy From Michigan, est une suite logique et assumée de Love is Magic dans lequel il s’agissait déjà d’intime et de regards sur le monde. Celui qui a depuis longtemps quitté les États-Unis pour l’Europe remonte le temps. De son enfance dans le Michigan à son adolescence dans le Colorado, le musicien se met à nu et se questionne sur qui il est. Conteur et satiriste à la fois, il livre un autoportrait qu’il dresse dans un décor de l’ère Trump et explore le rêve américain déchu.

Anticonformiste et dans une dualité permanente, John Grant oscille entre ambient, electro, funk et pop et fait cohabiter synthétiseurs, vocodeur et instruments. Le disque ouvre sur des ondulations psychées de synthés avant de laisser s’installer la pop et les ballades au piano auxquelles il est fidèle depuis Queen of Denmark. Le premier triptyque de morceaux raconte sa vie dans le Michigan, synthés tentaculaires et saxophone accompagnent la douce voix grave du musicien qui installe l’atmosphère générale, un peu dérangeante, comme à son habitude. Le chanteur relate ensuite ses années adolescentes avec le diptyque The Cruise Room et Mike and Julie. Les paroles incisives sont adoucies par le piano de Grant et la clarinette de Cate le Bon, invitée et productrice de l’album.

John Grant aime écrire des paroles qui ne vont pas avec la musique et il sait distiller dégoût et mélancolie à la fois, à la perfection. Il entame 9 minutes d’accords au piano compressés par synthés et batterie pour dénoncer les années Trump sur The Only Baby qui se termine en chaos distordu pour soutenir les paroles répétées Cause baby that’s the only baby that bitch could’ve ever had. Aussi bien dans ses paroles que dans l’instrumentation, la nostalgie reste omniprésente. Grant remonte dans son adolescence encore une fois et fait appel à Devo et David Bowie dans les morceaux Best in Me et Rhetorical Figure. Sans oublier ses nets clins d’œil  à Elton John avec les ballades au piano qui restent et resteront un fil conducteur dans chacun de ses albums.

John Grant a établi un style bien précis depuis plusieurs années déjà, il parle sans filtre et a l’art et la manière de mesurer ses propos, à l’image de sa pochette sur laquelle il apparaît de face, l’œil brillant et persuasif. Il sait gronder et user de sa voix de baryton pour démanteler le monde en gardant une distance maitrisée grâce aux sonorités pop et torrents synthétiques qui sont désormais sa marque de fabrique.   

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A ECOUTER EN PRIORITE
Boy From Michigan, The Cruise Room, The Only Baby


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