J.Aubertin – ‘Whispers in the Wind’

J.Aubertin – ‘Whispers in the Wind’

Ep / Autoproduction / 12.04.2019
Folk

On pourrait prétendre que J. Aubertin n’est pas né à la bonne époque : la pochette de son EP Whispers In The Wind est une photographie ambrotype (un procédé du XIXème siècle) le représentant assis à côté de son propre fantôme. Faut-il y voir une manière de faire écho aux générations précédentes, ou aux époques révolues qui viennent hanter ce disque de leurs mélodies ancestrales ? Holy Forest, le titre qui ouvre l’EP, pourrait nous le laisser penser. Il est difficile de dater la musique de J.Aubertin, et le musicien s’en amuse avec ses photographies d’un autre âge, préférant s’abreuver à la source de la musique acoustique, en refusant les artifices. Un an après avoir sorti son premier EP, Bringers Of The Light enregistré dans le Colorado par Inaiah Lujan, il revient avec ce qui pourrait en être considéré comme le second volet, plus orchestré puisque le songwriter est ici épaulé par un violoniste et un contrebassiste. L’Ep, pour rester fidèle à une époque que J. Aubertin veut maintenir au chaud, est enregistré sur bandes magnétiques, à l’ancienne.

On pourrait également prétendre que J. Aubertin n’est pas né sur le bon continent. Ses sonorités rêvent d’Amérique, et sa culture musicale, bien qu’il soit né en Auvergne, est celle d’un pur natif U.S. qui aurait baigné dans les bourbons de John Prine et de Townes Von Zandt. Une géographie des grands espaces qu’il retrouve dans les plaines volcaniques de sa région natale.

Il peut y avoir un côté dérangeant au premier abord, si l’on se méprend et que l’on refuse l’authenticité à J.Aubertin, trop français pour s’accorder le droit de sonner aussi américain, trop jeune pour avoir le droit de sonner aussi 70’s.  Pourtant, son deuxième Ep l’affirme plus encore que le précédent dans cette quête d’authenticité et cette interdiction de compromis. Non qu’il refuse les sophistications : bandes magnétiques, ambrotype, il n’y a pas ici de mode vintage, mais plutôt une quête. Un retour à la goldrush de Neil Young, une ruée vers l’or ou  le métal précieux serait un monde fuyant que l’on voudrait maintenir. Comme s’il voulait rester fidèle aux grands auteurs folk, et continuer à écrire cette histoire, même à plusieurs milliers de kilomètres, en balayant d’un revers de main le jeu des tendances musicales. Comme Phosphorescent avant lui l’avait fait avec son intemporel hommage à Willie Nelson, la musique de J.Aubertin se construit sur des références assumées, et sur une écriture qu’il compare à une addiction ou à un vice (My Soul’s Home). La quantité de chansons qu’il a en tête est mise en balance avec la quantité de tabac, de caféine et d’alcool qu’il inflige à son corps. On veut bien savoir ou le conduira cette belle obsession, et on ne serait pas étonné qu’à l’instar d’un Baptiste W. Hamon, autre français bercé de grands espaces américains, elle lui ouvre une longue route.

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My Soul’s Home, Same Old Feeling


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