Health – ‘Disco4:: Part II’

Health – ‘Disco4:: Part II’

Album / Loma Vista / 08.04.2022
Electro rock indus

Si un grand concert était organisé pour célébrer l’apocalypse, Health aurait sans nul doute sa place pour ouvrir les festivités tant son rock industriel semble calibré pour accompagner une inéluctable fin du monde. Ce Disco4 :: Part II, qui suit son prédécesseur de 18 mois, ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

Après des débuts typiquement noise rock, Health a progressivement délaissé son coté expérimental pour mieux se pencher vers l’electro, jusqu’à devenir un des fer de lance de la scène indus. En 2008, Nine Inch Nails ne s’y trompait d’ailleurs pas en embarquant le groupe avec lui pour ouvrir sa tournée Lights The Sky. Et l’affiliation se confirme ici avec la présence de  Trent Reznor sur Isn’t Everyone, premier single dévoilé rappelant le meilleur de la période NIN de Fragile ou The Download Spiral.

Car, sur le même principe que le précédent Part I, chaque titre est partagé ici avec un ou plusieurs invités, à l’exception de These Days 2.0.2.1. qui clôture l’album. Du coup, la liste des convives est assez impressionnante, diversifiée surtout, à l’image des univers musicaux se fondant dans une ambiance générale très sombre, comme toujours avec Health. Ainsi, on flirte avec le trash-metal (Cold Blood avec Randy Blythe de Lamb Of God), Joy Division est évoqué (de loin) sur le très tranquille Still Breathing porté par le flow lancinant d’Ekkstacy, les rappeurs punk Ho99o9 s’associent à Backwash pour s’en aller titiller Tricky (Gnostic Flesh/Mortal Hell), trap burinée et rock electro sont au menu de Playthatboizay et Ada Rook (Murder Death Kill), The Neighborhood contribue à faire de No Escape un classique synth-pop, tandis que The Body vient ajouter une couleur doom et sludge à l’album (AD1000).

Si le trop plein de reverb avait rendu le Part I un peu oppressif et confus, la production sert cette fois parfaitement le propos. Malgré les différents styles abordés, Health nous invite à suivre ici un fil conducteur cohérent, contrastant avec le précédent effort qui partait un peu dans tous les sens et laissait une sensation d’inconsistance. Passés les douze titres parfois inégaux qui composent ce nouvel album, il ne reste donc plus qu’à attendre l’apocalypse le plus tard possible, ne serait-ce que pour découvrir ce que nous réservent les trois californiens lors d’un prochain essai à n’en pas douter toujours aussi sombre et chaotique. A moins que pour eux aussi, la lumière fuse au bout de ces temps troubles.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Isn’t Everyone, Murder Death Kill, AD 1000, No Escape


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