Future Islands – ‘People Who Aren’t There Anymore’

Future Islands – ‘People Who Aren’t There Anymore’

Album / 4AD / 26.01.2024
Synth pop

Passé de groupe indé de Baltimore à superstars en seulement quatre minutes au Letterman Show en 2014, Future Islands s’est un peu pris les pieds dans le tapis ensuite en voulant ‘faire ce qu’on attendait de lui’, c’est à dire une redite de l’incontournable Singles qui l’a révélé. Jusqu’en 2020 et la sortie de As Long As You Are qui le voyait repartir sur de bonnes bases après un The Far Field qu’il avait lui-même qualifié d’embarrassant.

Dire que ce septième album était attendu est donc un euphémisme. People Who Aren’t There Anymore arrive finalement après que Future Islands ait distillé des titres pendant plus de deux ans, et durant lesquels il a laissé planer le mystère sur son éventuel retour. Loin d’être une manipulation calculée, il s’agissait simplement de conséquences de la pandémie, surtout de la période post-COVID qui n’a pas épargné les membres du groupe, et pendant laquelle Samuel Herring en a profité pour sortir The Fall Collection, un disque de son alter égo hip-hop, Hemlock Ernst.

Si As Long As You Are célébrait en substance la nouvelle histoire d’amour du chanteur et sa joie de se sentir à sa place dans une relation saine, People Who Aren’t There Anymore est, lui, un break-up album sans filtre. S’il on connaît Future Islands pour son pouvoir dansant incomparable, ses refrains ultra solaires et encourageants, mais aussi et surtout pour sa dimension émotionnelle inégalée portée par la voix d’un Samuel Herring qui ne fait jamais aucune concession sur l’interprétation de ses ressentis, autant dire que la rupture est une inspiration inépuisable pour le groupe.

On se retrouve alors propulsés dans sa vie intime qu’il chante avec toujours autant – si ce n’est plus – de grandiloquence. L’album démarre sur les chapeaux de roue avec un King Of Sweden qui voit renaître l’essence du groupe via des couplets synth-pop crescendo nous conduisant droit vers la lumière de la flamme qu’il déclare (‘You are all I need‘). Même recette mais goût différent, puisque c’est l’immense force du groupe de Baltimore d’instiller une touche particulière à chaque morceau afin de le rendre unique. Puis les choses se gâtent. Deep In The Night, magnifique déclaration d’amour, semble déjà mettre en lumière les difficultés rencontrées par le couple, séparé de plusieurs fuseaux horaires, l’intéressée étant suédoise. The Sickness est une autre confession mélancolique du chanteur, en pleine rétrospective. Exit les refrains feel good, on se retrouve comme assis à côté de lui, à lui tapoter dans le dos avec compassion…  ‘Every day without you feels one close to goodbye’ dit-il, réaliste, dans Say Goodbye. C’est triste mais au moins on danse : du Future Islands pur jus où les synthés et la basse lourde retrouvent leur place, celle où ils se montrent les plus à leur aise. Puis l’émotion est à son comble sur Corner Of my Eyes. La basse soutient le chanteur dans son chagrin pendant que les synthés projettent leurs petites étincelles d’espoir, comme pour le guider vers l’acceptation qu’il finit par atteindre en remerciant son ex pour leurs moments partagés.

Avec People Who Aren’t There Anymore, Future Islands éblouit donc une nouvelle fois par sa synth-pop inimitable, de plus en plus précise et délicate au fil des albums. Dommage seulement que la moitié des titres aient été dévoilés en amont de la sortie d’un disque qui, au vu de sa qualité, aurait mérité de se découvrir plus tardivement pour asséner une baffe plus grisante encore.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
King Of Sweden, Say Goodbye, Corner Of My Eye

EN CONCERT

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