Faye Webster – ‘I Know I’m Funny Haha’

Faye Webster – ‘I Know I’m Funny Haha’

Album / Secretly Canadian / 25.06.2021
Indie folk

Des cordes et une guitare hawaïenne, sous des volutes de fumée d’herbe, éclairées par une lumière tamisée et suave. Voilà comment on pourrait résumer en une ligne l’humeur globale de I Know I’m Funny, Haha, troisième album de Faye Webster, deux ans après la sortie du remarqué Atlanta Millionaires Club sur le label Secretly Canadian.

La base musicale est clairement folk, mais d’un type assez rare, qui laisse une grande importance au groove, avec des accents presque RnB sur certains refrains pris à l’octave (In A Good Way). Les rythmiques millimétrées viennent trancher sur le flottement permanent qu’apporte la pedal steel, donnant à l’écoute ce sentiment à la fois vaporeux et sensuel, devenu une marque de fabrique de La chanteuse d’Atlanta.

L’album est très riche en arrangements de cordes ou cuivres, et peut de ce point de vue créer une parenté avec Andy Shauf, maitre contemporain en la matière, avec lequel Faye Webster a plusieurs fois partagé les tournées. Comme chez le canadien, les relations, le manque et la solitude occupent une part non négligeable des paroles.

Le contraste entre les textes – quand Webster chante par exemple There’s a difference between lonely and lonesome but I’m both all the time (Both All The Time, dont les accents évoquent Knocking On Heaven’s Door) – et la sensualité presque lascive des arrangements crée un point d’ironie, une bascule qui vient donner son sens au titre de l’album, You know I’m Funny Haha. Comme si cette sensualité était appelée en urgence, avec désespoir, recréée musicalement à défaut de l’éprouver.

L’album est un objet de séduction, tout comme les clips, à l’esthétique ultra léchée, confinant au kitsch : les dragsters et néons roses, la parade de motards sur le clip de Cheers. Sorti deux mois en amont, ce titre  nous induisait en erreur sur une éventuelle inclinaison plus rock du disque. C’est au final le seul morceau qui a recours à la distorsion, et l’un des seuls dont les paroles sont clairement orientées vers une appréciation enthousiaste du quotidien (And let’s cheer to you -and let’s cheer to me). De là à envisager une reconversion de Faye Webster dans la saturation le jour ou ses maux seront apaisés ?

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
In A Good Way, Cheers, Both All The Time


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