Ezra Collective – ‘Where I’m Meant to Be’

Ezra Collective – ‘Where I’m Meant to Be’

Album / Partisan / 04.11.2022
Jazz

À moins de vivre sur une planète lointaine, tout fan de jazz contemporain a eu ses oreilles attirées vers l’ouest, que ce soit outre-Manche ou plus loin vers la bouillonnante ville de Chicago. Au sein de la sphère londonienne, l’Ezra Collective fait quelque peu figure d’électron libre tant la ville semble graviter autour de la sphère du King Shabaka et sa myriade de projets. Pourtant, le collectif est parvenu sans la moindre difficulté à se faire une place dans cet univers Hutchingsien, en construisant sa propre identité dont la gaieté semble être le leitmotiv (‘We’re just trying to bring good vibes, happiness’ sur Words by Steve).

Ce serait pourtant réducteur, tant Where I’m Meant to Be brille par la richesse de ses morceaux et par sa variété. Pendant plus d’une heure, la musique oscille entre rythmes endiablés et moments apaisés. Alors qu’on pourrait se perdre dans cette diversité de genres, le groupe parvient à assembler ses morceaux éclectiques en un album particulièrement cohérent. Faisant délibérément fi de toute ligne conductrice stylistique (‘I’m playing jazz, my way’ sur No Confusion), la voix envoutante d’Emeli Sandé sur Siesta nous transporte dans une parade instrumentale rythmée précédant des envolées free jazz sur Belonging. Live Strong prône lui un retour au classicisme où les notes apaisées de saxophone et piano sont seulement perturbées par les gris-gris de maracas. Comme souvent chez les jazzeux contemporains, l’hommage à Sun Ra semble inéluctable avec un Love In Outer Space qui vient clôturer l’aventure.

Au-delà du jazz, les Britanniques se permettent de caresser une foule de styles allant de l’afrobeat (Life Goes On), aux accents bossa nova (Victory Dance) ou au hip hop. Et c’est vraiment là qu’opère la magie du collectif… Where I’m Meant to Be apparait comme une ode à la vie et surtout à la joie de vivre. Le groupe parvient sur chaque titre à émouvoir avec des morceaux d’une qualité individuelle irréprochable. Même les passages plus cheesy de Never the Same Again s’emballent subitement aux rythmes de percussions irrésistibles.

Les londoniens surmontent donc l’écueil du deuxième album avec une facilité déconcertante. Remède épicurien en ces temps chahutés, comme suggéré d’entrée par Life Goes On, le bouillonnant mais sophistiqué Where I’m Meant to Be nous convie à partager l’univers résolument optimiste d’Ezra Collective.

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A ECOUTER EN PRIORITE

Siesta, Victory Dance, Belonging


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