Eels – ‘EELS TIME!’

Eels – ‘EELS TIME!’

Album / Pias / 07.06.2024
Pop

La musique de Mark Oliver Everett ne change pas, et on s’en réjouirait presque. Presque, parce qu’il faut bien se l’avouer : ça fait une dizaine d’années maintenant que son inspiration ronronne, mais réjouissance malgré tout, parce que la recette est toujours si efficace en terme de mélodie et d’émotion qu’on se demande si on pourra réellement se lasser un jour.

Cette nouvelle livraison s’inscrit d’emblée parmi les albums de bricolages pop mélancoliques qui lui valurent le succès immédiat de son premier disque. Le tremblement du Wurlitzer, la voix tristement fatiguée, quelques harmoniques de guitare qui saignent le cœur… Eels Time! est avant tout musical et lumineux, et on se félicite même que le songwriting repasse enfin au second plan. Non pas que l’américain n’ait plus rien à dire car, raccord avec ses préoccupations existentielles depuis le décès de son père, l’ombre du grand physicien reste toujours présente ; mais elle a perdu de son poids :  s’il est question de temps – le titre ne peut être plus explicite – celui dont parle Everett ressemble ici à un bonus dont il jouit chaque seconde.

L’oeuvre de Eels continue d’évoluer à la marge, c’est là qu’elle est enchanteresse, et cette mélancolie si prégnante qu’on adore chaque fois retrouver est cette fois joyeuse, à l’image de sa victoire sur la mort, ce qu’il considère comme son passage à lui dans un univers parallèle, clin d’oeil plein d’affection et d’ironie au travail et à la vie de son paternel, théoricien des univers multiples, mais mort foudroyé par un arrêt cardiaque totalement imprévu, qui a rendu le leader de Eels prudent, à raison : en janvier, il survivait à une intervention à coeur ouvert qui  lui permet aujourd’hui d’errer encore dans le même univers que nous et nous livrer douze ballades fabuleuses.

Outre son folk dépouillé, on retrouve en effet tous les effets qui, en trente ans de carrière, ont rendu inimitable le son de Eels, de la voix hyper filtrée lorsque les guitares s’électrisent (If I’m Gonna Go Anywhere), la tentation permanente d’un blues gras, jusqu’aux cuivres cinématographiques de Let’s Be Lucky. Mark Oliver Everett prend avec l’âge une maturité qui ressemble à du bonheur pas encore tout à fait assumé, mais surtout, un savoir-faire et une sérénité lui conférant une taille patron dans le paysage rock.

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A ECOUTER EN PRIORITE
We won’t See Her Like Again, If I’m Gonna Go Anywhere, Song For You Know Who, Let’s Be Lucky


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