DITZ – ‘The Great Regression’

DITZ – ‘The Great Regression’

Album / Alcopop / 11.03.2022
Post punk noise

Quand, en 2015, les anglais de DITZ ont commencé à jouer avec des allumettes, ils étaient sans doute loin de penser qu’ils finiraient pyromanes quelques années plus tard. Car c’est bien en alimentant un feu nourri au post punk qu’ils enflamment les dix titres virulents de The Great Regression. Rempli de trouvailles, ce premier album expose l’aplomb surprenant d’un groupe en pleine ascension.

Les anglais n’en sont pas à leur coup d’essai : quelques signaux de fumée à l’occasion d’un premier Ep, des titres lâchés ici et là dont une reprise de Peaches, Fuck The Pain Away (2019), leur ont permis de poser les premiers jalons de leur évolution. Même si des changements de line up sont venus perturber leur rock révolté, c’est avec 5 songs (2020), leur second Ep, que la machine à fumée s’est emballée. A tel point que même Joe Talbot (Idles) a succombé jusqu’à élire DITZ meilleur groupe de Brighton, sinon du monde. Autant d’éloges qui ont fini de booster la créativité de ces cinq loustics.

Ouvert d’esprit jusqu’à glisser un élan jungle sur le surprenant Three, le quintet mise sur le tous azimuts en allant volontairement tordre le coup à ses intentions de départ (Clocks, Ded Wurst, Hehe, No Thanks, I’m Full). Les mélodies brûlent en totale harmonie au milieu de guitares abrasives, souvent dopées aux effets, et d’un chant au charisme impressionnant, même lorsqu’il perd volontairement son sang-froid (Summer Of The Shark, I’m Kate Moss). Il apporte un réel supplément d’âme au chaos ambiant (Instinct, Teeth) et permet au groupe de monter d’un cran sa remarquable ‘hyper’ identité.

Malgré sa nouveauté et son fort caractère, The Great Regression porte cette sensation rare d’être le genre de disque que l’on a toujours connu, tant il en appelle sans cesse à une multitude d’influences qui, entre les mains de ces anglais inventifs, finissent toutes dans les cordes les secondes suivantes. On avait rarement ressenti une telle jubilation depuis les premières écoutes de In, Casino, Out d’At The Drive In et de The Shape Of Punk To Come de Refused. Excitant de bout en bout, équilibré et accessible, ce premier album pourrait bien devenir un des coups de génie de l’année. Pourvu que les chouchous de Joe Talbot ne soient finalement pas qu’un feu de paille, tant la communion qu’ils instaurent appelle urgemment une suite.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Clocks, Summer Of The Shark, I’m Kate Moss, Instinct, Teeth, No Thanks, I’m Full

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