Christian Lee Hutson – ‘Beginners’

Christian Lee Hutson – ‘Beginners’

Album / Anti / 29.05.2020
Folk

L’artwork plein de promesse de Beginners, qui semble issu d’un film indépendant Danois des seventies, a de quoi séduire l’auditeur esthète. Une attirance renforcée par le gage de qualité qu’est le label hébergeant Andy Shauf, en particulier pour un artiste folk.

Le premier titre, Atheist, est à la hauteur des attentes. S’il semble dénué de croyances religieuses, on décèle quelques icônes dans l’influence musicale de Hutson. Difficile de ne pas penser à Sufjan Stevens dès la phrase d’ouverture : On our initial descent into Chicago, le nom de la ville chanté avec un appui semblant rendre hommage à l’auteur de Come On Feel The Illinois. Nick Drake semble être une autre idole de l’artiste de Los Angeles. Les arpèges de Talk et les lignes de voix, ainsi que les arrangements de cordes de Nathalie Walcott de Bright Eyes ramènent à une folk aussi pure et vintage que la photographie d’illustration d’album. Les paroles, habitées et chargées de culpabilité, foisonnent de formules redoutables: ‘I’m Pretty Busy / So Please Forgive Me / If I Forget To / Not Forgive You‘. On est face à une double découverte, tant dans le timbre que dans la plume.

Il s’agit du premier album de Hutson distribué internationalement (deux précédents efforts existent, difficiles à trouver), mais sa musique frappe déjà par sa maturité, aidée par un entourage de All Stars : Conor Obrest à l’harmonica, Lucy Dacus aux choeurs, et Phoebe Bridgers, amie et collaboratrice régulière, à la production. Une production qui vient essentiellement épauler les mélodies du californien. On reste dans un classicisme folk assumé, et les intentions de Hutson sont plus d’exceller dans ce domaine que d’en inventer de nouveaux.

Teinté de mélancolie de part en part, l’album devient presque joyeux sur Let’s Get The Old band Back Together, sorte de manifeste nostalgique et ironique d’une époque perdue. Celle des Nick Drake sixties ? Des Sufjan Stevens du début 2000, ou celle des bicyclettes tournant en rond sous le regard autoritaire et absurde du policeman ? Difficile à dire, mais les qualités principales de cet album, qui constitue un objet d’artisanat folk de très bonne facture, en dessinent aussi les limites. Reste que pour un ‘premier’ album, les bases sont impressionnantes et, au vu des collaborateurs qui l’entourent déjà, on peut considérer qu’il s’agit d’un départ fulgurant dans le petit monde de l’indie folk.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Talk, Lose This Number, Twin Soul


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