Chastity Belt – ‘Chastity Belt’

Chastity Belt – ‘Chastity Belt’

Album / Hardly Art / 20.09.2019
Indie dream rock

Le nom du groupe, Chastity Belt, est formé par des bûches agencées au sol sur un gazon vert électrique. Le quatrième album du groupe de Seattle, sorti chez la petite soeur de Sub Pop (Hardly Art) attire l’oeil. Quant à lui, le riff d’intro de l’entame Ann’s Jam, particulièrement simple et entêtant, capte l’ouïe. Il y a une certaine familiarité dans le son, des accents Sonic Youth dans la manière d’asséner les arpèges et les accords. Mais avec un calme et une forme de retenue qui les éloignent du quatuor New Yorkais.

Ce quatrième album est celui d’un redémarrage, Chastity Belt ayant annulé une partie de la tournée de I Used To Spend So Much Time Alone et envisagé d’arrêter suite aux sérieux problèmes médicaux de la chanteuse Julia Shapiro. Jamais autant que sur ce dernier opus le groupe n’aura aussi bien porté son nom. Il y a une forme de contrition volontaire, un affect contenu, comme une égalité des sentiments palpable tout au long de l’album. Une architecture générale qui pourrait être dictée par la retenue. Cet aspect est d’autant plus singulier qu’à ce type d’intro claires et éthérées, on a tendance à faire coïncider des refrains frénétiques, ou des envolées teintées de lyrisme.

Il n’en est rien ici. L’intro de It Takes Time, qui semble préparer des distorsions soniques, est suivie de sons clairs en down tempo. Contrairement aux formations auxquelles on pourrait apparenter Chastity Belt (Snail Mail, Waxahatchee, Lala Lala…), la rage ne sort jamais ici. Il y a des apparences mélancoliques qui traversent l’album de part en part, sans que celles-ci ne se traduisent jamais par une forme de catharsis fiévreuse.  Puisque la formation vient d’une ville musicalement chargée d’héritage, on pourrait citer ici les paroles de Frances Farmer Will Have Her Revenge On Seattle de Nirvana : ‘I miss the comfort in being sad‘. Des titres comme Rav-4, habités par un confort dans la tristesse, donnent pour ainsi dire envie d’être mélancolique.

Cette caractéristique est également la limite esthétique de l’album. Il y a une légère frustration à l’écoute de certains titres, qu’on aimerait voir libérés de tout ce qu’ils contiennent. C’est le cas du très bien nommé Half-Hearted, sur lequel Shapiro flirte avec des accents proches de Chan Marshall, l’auteure de Metal Heart. De là à suggérer que l’on préférera toujours les sentiments ferreux aux demi-coeurs ?

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Ann’s Jam, Rav4, Half Hearted


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