Bootchy Temple – ‘In Consummated Bloom’

Bootchy Temple – ‘In Consummated Bloom’

Album / Howlin Banana / 27.11.2020
Pop psychédélique

Voici bientôt une décennie que Howlin Banana dynamise le paysage musical français en lançant de nouveaux groupes aussi frais que diversifiés. Comme c’est revigorant ! Parmi eux, les Bordelais puis Nanterriens de Bootchy Temple ont beau paraître discrets, ils sont clairement une des valeurs sûres du label, d’autant plus que leur quatrième album se montre particulièrement réussi.

Son nom, In Consummed Bloom, est inspiré d’un poème d’Emily Dickinson. Il évoque une renaissance après un repli sur soi. C’est ce que l’on peut souhaiter de mieux à l’humanité pour les années à venir, mais c’est aussi le mouvement dans lequel s’inscrit le groupe pour la création de ce disque. Alors que le précédent Glimpses avait été enregistré sous les pins landais, tout ce petit monde s’est cette fois mise au vert en Creuse, chez Nicolas Brusq au Capitola Analog Studio. Un endroit où le groupe s’est isolé pour mieux se retrouver, travailler et s’épanouir.

En effet, il semblerait que l’enregistrement de In Consummated Bloom lui ait permis de passer un cap, de se libérer du wagon d’influences qu’on lui accroche au derrière d’article en article, et donc de se laisser aller totalement à l’écriture de ses morceaux. C’est ainsi que Can’t Tell peut durer jusqu’à disparaître au loin, dérivant sur des eaux scintillantes parce que Bootchy Temple produit toujours des morceaux légers et pastels, flottants, cherchant le confort la tête en l’air. Quoi de plus doux que les guitares de Scarfpin ? Il n’y a guère que l’instrumental Hook qui pourrait ressembler à un bad trip par son insistance shoegaze.

Si la musique proposée est volontiers rêveuse, propice à l’évasion, le groupe n’en est pas pour autant coupé de la réalité, et le contexte actuel a aussi pesé sur l’écriture du disque. Lost Future questionne l’avenir et pourrait annoncer la fin de la partie, mais son ton incisif montre une franche volonté de profiter de l’avenir, quel qu’il soit. Solastalgia, épais malgré ses claviers aériens, évoque l’anxiété liée aux changements climatiques et environnementaux. La voix de Martin conserve sa fragilité des débuts ainsi que sa belle sincérité : illustration sur le plus guilleret Since I’ve see your Smile.

A l’écoute de cet album, il paraît clair que Bootchy Temple ne pouvait trouver meilleur titre tant le groupe y affronte ses doutes, et combat la morosité ambiante à coup de compositions lumineuses.

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Can’t tell, Solastalgia, Since I’ve see your Smile


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