Black Country, New Road – ‘Ants From Up There’

Black Country, New Road – ‘Ants From Up There’

Album / Ninja Tune / 04.02.2022
Pop rock alternatif

Si ‘Maggie’ avait, sans le vouloir, inspiré quelques-uns des plus beaux moments du rock anglais pendant sa résidence au 10 Downing Street avec ses réformes industrielles qui ont mises une partie grandissante de la population au chômage, tout amateur de musique pourrait presque se réjouir du psychodrame du Brexit et de la pandémie qui agitent le royaume depuis bientôt six ans.

Au cours de sa courte existence, Black Country, New Road s’est différencié de ses confrères de Shame, Squid ou encore black midi grâce à son incarnation d’un certain carrefour de la musique britannique, et sa proximité avec la génération Z en matière d’ironie et d’autoréférence. Les 7 musiciens créent des morceaux grandioses et ambitieux avec des touches sonores sophistiquées, tout en reflétant une conscience aiguë de la musique pop, de la culture des mèmes et des angoisses apparemment banales de la jeunesse.

Sorti exactement un an après ses débuts mémorables, Ants From Up There voit Black Country, New Road devenir de plus en plus conceptuel dans le son. Après l’annonce, cette semaine, du départ du frontman Isaac Wood pour des raisons de santé, ce deuxième album – dernier dans la configuration originelle du groupe – semble marquer un moment important dans l’histoire moderne de la musique alternative tant il vise à capturer la magie de l’instant présent. Alors que la plupart des artistes, après avoir été au centre d’un tourbillon d’enthousiasme et d’acclamations critiques, seraient heureux de ne s’en tenir qu’à une formule gagnante, Black Country, New Road a pris le parti d’un nouveau saut musical audacieux et innovant, aux sonorités beaucoup plus raffinées et aux envolées symphoniques quasi cosmiques, clin d’oeil à la formation classique d’une majeure partie de ses musiciens.

L’album débute par une Intro post-punk instrumentale alors que Good Will Hunting (un clin d’œil au film de Matt Damon mais dont le texte en est éloigné) est porté par une mélodie infectieuse aux accents country qui s’enroule et se déroule autour de chœurs féminins accompagnant l’une des voix les plus intenses de Wood. Chaos Space Marine combine un violon fringuant, un piano gymnique et des coups de saxophone pour créer une symbiose chaotique où s’entremêlent toutes les idées du groupe : une volonté d’esquiver les genres qui ne s’est pas faite au détriment de l’espace puisque cinq morceaux dépassent les six minutes. Le combo de clôture, Snow Globes et Basketball Shoes, atteint même à lui seul une durée totale de plus de 20 minutes.

Bread Song, relativement plus court, illustre mieux que tout autre titre ce sens de la patience et de la construction. En s’inspirant du compositeur Steve Reich, le combo anglais s’affranchit des signatures temporelles traditionnelles en jouant ensemble et de manière intemporelle sur une mélodie qui se dévoile avec une délicatesse vaporeuse. Haldern, issu d’un livestream au festival pop de Haldern en Allemagne, capture pour la première fois l’esprit et l’intuition des improvisations spontanées que Black Country, New Road affectionne souvent lors de ses concerts. Alors que les confessions déchirantes et subtiles de Wood dans Concorde semblent prémonitoires de l’actualité du groupe, Mark’s Theme, le deuxième morceau entièrement instrumental, voit quant à lui le saxophoniste Lewis Evans prendre le devant de la scène pour un solo discret, qui rappelle davantage le jeu introspectif de Chet Baker que l’apport plus vif et zélé précédent.

Bien que Black Country, New Road prouve que la stagnation créative n’a aucun intérêt, l’été passé à enregistrer ce Ants From Up There aux Chale Abbey Studios semble avoir été pour lui un moment d’évasion, empreint d’une atmosphère douce et familiale qu’il est difficile de dissocier à l’écoute. Spirituel sans être prétentieux ni élitiste, l’album sonne presque comme un adieu, bien que le désormais sextet – qui a logiquement annulé sa prochaine tournée – ait heureusement d’ores et déjà annoncé qu’il continuerait sa route.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Chaos Space Marine, Concorde, The Place Where He Inserted The Blade

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3 Comments
  • Bro
    Posted at 11:43h, 04 février Répondre

    De la même manière qu’on identifie bien les « films de festivals », qui semblent calibrés pour flatter la critique et le petit nombre de ceux qui les écoutent, on est ici en présence du cas typique de l’ « album de critique », qui ravira le petit monde de la critique mais emmerdera copieusement le reste du monde.

  • blank regeneration
    Posted at 23:14h, 04 février Répondre

    je ne sait pas si cet album vas emmerder le quidam, qui écoute du rock , ? mais certainement un album qu nous emmerde et qui na rien de surprenant novateur, éclairé mais qui emmerde certainement les curieux c’est incontestablement le nouveau projet du Front man de Radiohead, qui nous pond un album sans âme ni surprise, genre face b rock post tout , qui ravira les fans de radios head , … mais pas sur ,? car son seul et unique interêt c’est le reste du monde qui écoute encore Radiohead., et qui vas si jeter dessus comme la dernier e merveille du monde.

  • tom
    Posted at 19:14h, 10 février Répondre

    putain c’est tellement chiant

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