Bedouine – ‘Bird Songs of a Killjoy’

Bedouine – ‘Bird Songs of a Killjoy’

Album / Spacebomb / 21.06.2019
Folk

Bedouine était apparue en 2017, à la sortie d’un premier album éponyme qui dévoilait une personnalité candide mais néanmoins affirmée. Au croisement d’Astrud Gilberto et Leonard Cohen, elle avait tracé son chemin, évitant les pièges habituels du folk tout en réussissant à créer un son à la fois classique et intemporel. Deux ans plus tard, Bird Songs of a Killjoy prouve que la source dans laquelle Azniv Korkejian puise son inspiration est toujours aussi vive. L’arménienne ayant grandi en Syrie puis en Arabie Saoudite (ses parents déménagent aux Etats-Unis après avoir gagné la loterie pour l’obtention du visa américain – elle a alors dix ans) revient ici avec un album d’une beauté et d’une simplicité déconcertantes.

C’est à nouveau sa voix, basse et aérée, qui apaise avant que des compositions variées et inattendues ne viennent tantôt surprendre, tantôt élever un sentiment de calme ancré : les instrumentations sont réduites à l’essentiel, les rendant classiques et intemporelles, rappelant parfois Nick Drake (et notamment les cordes de la très simple mais magnifique Bird évoquant Five Leaves Left), avant de surprendre sur des morceaux tels Dizzy qui part en improvisation fusion jazz / soft rock lors de son dénouement. La ballade Hummingbird est du même acabit, utilisant la slide guitar à bon escient. Et si les paroles d’Echo Park paraitront naïves aux plus cyniques, conscients de la gentrification majeure de ce quartier de Los Angeles au cours de la dernière décennie, on est en bien en mal de reprocher à Bedouine quoi que ce soit, si ce n’est une approche un peu trop sage et réservée. Un album à déguster au calme et avec grande attention.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Bird, Dizzy, When You’re Gone, Hummingbird


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