Avey Tare – ‘Cows on Hourglass Pond’

Avey Tare – ‘Cows on Hourglass Pond’

Album / Domino / 22.03.2019
Folk rock psyché


Après l’enthousiasme très relatif soulevé par les derniers albums de la sphère Animal Collective en 2018-2019, les attentes suscitées par ce troisième album solo d’Avey Tare étaient minimes. Et pourtant surprise… Ce kaléidoscope de sons psyché-folk se révèle tout bonnement lumineux.

What’s the Good Side permet d’aborder l’album de façon idéale. Véritable pépite, la guitare sèche prend de cours en milieu de morceau, tout en douceur, au son d’une voix tissant des échos délicats. Dans son ensemble, l’album est redoutablement bien construit avec des effets habilement distillés, rehaussés par des sons foutraques et psychés (la malicieuse guimbarde sur Nostalgia in Lemonade). Clin d’œil délibéré à Panda Bear et Animal Collective ou non, les bulles et les ambiances aquatiques sont également parvenues à se faire une place au soleil dans le monde solo du compositeur américain.

Autre sommet de cet album, Saturdays (Again) nous immerge davantage encore dans un univers baroque en nous emportant tendrement, au son de cette voix lancinante et irisée. Loin toutefois de se fourvoyer dans l’excès de psyché, Dave Portner navigue allègrement avec, comme fil conducteur, une utilisation de sons bizarres, d’une machine Tascam sortie des années 80 et de boîtes à rythme qui confèrent à l’album une atmosphère bucolique, rappelant indubitablement les meilleures années du collectif animal, pourtant déjà bien éloignées.

Si l’artiste semble préoccupé par l’avancée du temps et son âge grandissant, sa réflexion oscille entre optimisme et nostalgie. Our Little Chapter aurait pu faire craindre une fin en dents de scie, mais le titre se révèle finalement être un (très léger) accident de parcours, ces 10 compositions construisant un ensemble cohérent et varié. Avey Tare aborde ainsi la quarantaine d’une bien belle manière avec ce Cows on Hourglass Pond qui s’apparente à son travail solo le plus abouti. En exagérant un tantinet, il permet d’imaginer ce que Syd Barrett aurait pu nous pondre au 21ème siècle, s’il n’avait pas trop rapidement abusé de psychotropes délétères.

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A ECOUTER EN PRIORITE
Saturdays (Again), What’s the Good Side


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