Angel Olsen – ‘All Mirrors’

Angel Olsen – ‘All Mirrors’

Album / Jagjaguwar / 04.10.2019
Pop baroque

Bien décidée à élargir son spectre musical, et à se débarrasser du cliché de la chanteuse folk larmoyante empreinte à ne raconter que des histoires de ruptures amoureuses sur fond de guitare sèche, Angel Olsen publiait en 2016 My Woman, un album riche et déterminant qui la plaça instantanément comme l’une des icônes féminines les plus importantes du rock indé actuel. La Janis Joplin des années 2010 diront même certains. Et comme pour enfoncer le clou, la belle du Missouri publie cette année All Mirrors, un disque qui devrait une fois de plus surprendre son auditoire autant qu’elle cherche à se surprendre elle même.

Exit le style americana de ses débuts, ici les guitares laissent majoritairement place à la classe intemporelle d’un piano et à de voluptueuses nappes de synthétiseurs, mais surtout à une orchestration à douze cordes qui confère au disque sa phénoménale puissance héroïque. Accompagnée de John Congleton (Sharon Van Etten, St Vincent) à la production, Angel Olsen s’affranchit, écarte une fois de plus les barrières qui l’encerclaient et s’ouvre à de nouvelles perspectives musicales. En atteste le génial New Love Cassette avec son rythme lent, ses basses imposantes et ses fulgurances à la Melody Nelson, ou bien encore All Mirrors, premier single éponyme aussi enivrant et percutant qu’un sublime titre de Björk période Homogenic.

Le constat est sans appel : cette nouvelle peau lui sied à ravir. Certes son écriture et sa musique changent, mais la native de St Louis ne se perd en aucun cas dans une pop grandiloquente sans intérêt qu’aurait très bien pu lui suggérer l’industrie musicale. Non, ici elle fait de cette nouvelle aura une véritable force et côtoie les sommets, comme sur la conclusion Chance qui la voit faire de l’œil à Sinatra et lui permet de s’accomplir tel un véritable crooner, alors que Lark, épique morceau d’ouverture, résumerait très bien à lui tout seul le lot de surprises que contient l’entièreté du disque, avec ses arrangements sous tensions et ses percussions dopées à la Phil Spector.

Angel Olsen a désormais tout d’une grande. En apprenant à s’aimer elle-même plutôt qu’à s’engouffrer dans l’obscurité d’une énième rupture amoureuse, l’américaine s’est réparée, renforcée, et étincelle dorénavant de milles feux. Plus qu’un album de rupture, c’est ici celui du changement, celui d’une dame qui n’a pas fini de se réinventer. Sans doute la meilleure des revanches face aux nombreuses déceptions qu’elle a pu compter toute sa vie.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Lark, All Mirrors, New Love Cassette, Spring, Chance


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