Andy Shauf – ‘Wilds’

Andy Shauf – ‘Wilds’

Album / Anti / 24.09.2021
Indie folk

Le précédent album d’Andy Shauf nous ramène à l’avant Covid. Fin Janvier 2020, le génie de Toronto avait eu la vision d’esprit de faire se dérouler l’ensemble de la narration de The Neon Skyline dans un bar, quelque mois avant leur fermeture pour un temps indéterminé et long. La fanbase du canadien a pu se réconforter et s’imprégner des atmosphères de comptoir tandis qu’ils restaient inaccessibles. L’album a pu servir de troquet par procuration. Près d’un an et demi plus tard, alors qu’il repart enfin et pour de bon en tournée, il publie Wilds, collection de titres plus qu’album à proprement parler, enregistrés pendant les sessions de The Neon Skyline, à un moment ou Shauf doutait de la trame narrative unitaire qu’il s’était lui même imposée.

C’est une nouvelle facette du songwriter que l’on découvre ici, mis à nu, sauvage. Quand on parle d’un des plus brillants arrangeurs et sonorisateurs de l’indie folk contemporaine, ce versant a de quoi surprendre. Le natif de la province de Saskatchewan au Canada a souvent été encensé – à juste titre – pour ses talents d’arrangement, d’orchestration, pour la pureté de son son, pour le ressenti acoustique de l’écoute. De là à le conduire à s’interroger sur les qualités intrinsèques de ses compositions, au point d’en présenter une version déshabillée, délestée de ses parures ?

Si The Neon Skyline était l’album d’une soirée arrosée, entourant l’auditeur enthousiaste de ses  vapeurs éthyliques, Wilds serait son pendant du lendemain, sa version gueule de bois, plus sombre, plus grise. La pochette nous prévient : il y a quelque chose de dépeuplé ici, une solitude ou l’absence (de Judy encore) se fait protagoniste principale du disque. Les versions des titres sont parfois des premières prises, le gain est – chose impensable chez Shauf – dans le rouge, et si le propos (présenter les titres dans leur ossature la plus brute) est clair, le contraste de qualité de production avec ce à quoi nous a habitué Andy est un peu déstabilisant. On s’en rend particulièrement compte sur le titre d’introduction et le titre conclusif, les deux ayant été enregistrés et produits dans une autre version plus travaillée, en guise de 45tours bonus de The Neon Skyline. Sur ces versions, on s’interroge sur ce que le titre gagne à être présenté dans une version brute, quand on ne trouvait rien à redire à leurs versions plus travaillées. Finalement, c’est presque l’effet inverse qui se produit. On aurait aimé entendre des titres poignants, comme les magnifiques Call ou Green Glass dans leur version produite et arrangée. De là à penser qu’on préfère Andy Shauf lorsqu’il se veut moins sauvage, et qu’il assume ses talents irremplaçables en matière de production ?

ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Judy (Wilds), Call, Green Glass, Jeremy’s Wedding (Wilds)


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