Aldous Harding – ‘Designer’

Aldous Harding – ‘Designer’

Album / 4AD / 26.04.2019
Folk pop

Nouvelle étoile montante de la folk, Aldous Harding s’était imposée auprès d’un public toujours plus vaste à la faveur de Party, second album magnifique sorti en 2017 et qui révélait au gré de ses ballades mélancoliques une artiste insolite. En effet, la jeune néo-zélandaise se distinguait alors nettement de ses pairs par une personnalité énigmatique, à la fois introvertie et hypersensible, tout en exhibant ses émotions avec une théâtralité ostentatoire lors de ses prestations habitées.

Toujours assistée à la production par John Parish (célèbre collaborateur de PJ Harvey), l’artiste revient aujourd’hui avec Designer, troisième album affichant plus que jamais la singularité de sa génitrice. À l’image des étranges video clips accompagnant la sortie de ce disque, la chanteuse livre ici une nouvelle collection de compositions subtilement décalées, en grande partie libérées de la gravité émotionnelle qui caractérisait ses premières œuvres.

Cette insouciance est apparente dès le titre d’introduction, Fixture Picture, au refrain ouvertement accrocheur, ainsi que sur l’excellent Zoo Eyes et ses accents sixties prononcés. Le single The Barrel vient compléter cette mue pop avec une chanson midtempo un peu convenue, embellie toutefois par une intervention inattendue de hautbois.

Principal atout de la chanteuse, une voix éblouissante de versatilité portée par une diction des plus curieuses, à mi-chemin entre Nico et Joanna Newsom, qui lui permet de passer avec un naturel déconcertant de l’intensité d’une complainte piano-voix à la beauté sombre (Damn) à la légèreté de Weight of the Planets. L’autre atout de Designer est cette production irréprochable, à la fois sobre et riche en détails, qui vient habiller avec un raffinement subtil des compositions aux paroles hermétiques.

On se surprendra cependant à être davantage emporté par l’émotion à l’écoute des titres les plus dépouillés tels que Heaven Is Empty, dont la mélancolie nous ramène aux plus belles chansons de la néo-zélandaise (la superbe Elation). Car si l’ironie légère de Designer a vraisemblablement permis à sa personnalité atypique de s’exprimer pleinement, il est permis de penser qu’Aldous Harding y a malheureusement perdu une partie de l’intensité captivante qui caractérisait ses précédents opus.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Heaven Is Empty, Weight of the Planets, Damn, Zoo Eyes, Treasure


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