Skegss met tous ses oeufs dans le même panier

Skegss met tous ses oeufs dans le même panier

Jeudi 22 août 2019, les hostilités de la quinzième édition du festival Cabaret Vert viennent tout juste d’être lancées. Le soleil est à son zénith, le ciel d’un bleu radieux. Tous les voyants semblent au vert pour une interview des australiens de Skegss. A l’ombre des chênes massifs disposés en rang deux par deux de part et d’autre du décor idyllique planté en bord de Meuse spécialement pour l’occasion, nous attendons de pouvoir échanger quelques mots avec les blondinets chevelus, totalement dévoués à leur propre cause. Ceux-ci viennent de sortir leur premier album, My Own Mess, et s’arrêtent le temps d’une soirée à Charleville Mézières pour donner leur concert puis reprendre le cours infernal de leur tournée mondiale.

Comment vous êtes vous rencontrés ? Vous vous connaissiez depuis longtemps ?

On a tous grandi dans le même coin : une petite ville côtière qui s’appelle Foster, à peu près à trois heures au Nord de Sidney. Nos parents se connaissaient aussi depuis longtemps. On a commencé à jouer ensemble au sein de Skegss au lycée, mais je dirais qu’on a vraiment pris le pli après avoir fini nos études, quand on s’est tous retrouvés dans une autre petite ville du nom de Byron Bay.

Skegss a beaucoup tourné un peu partout dans le monde depuis la sortie de My Own Mess. On dirait que tout est allé assez vite pour vous depuis la sortie de ce premier album. Comment vivez-vous cette ascension, ce succès pourrait-on dire ?

Effectivement, on a beaucoup tourné ces derniers temps, à la fois en Australie et en Europe, mais également aux Etats Unis. Néanmoins, je ne dirais pas que tout est allé très vite pour nous car, avant de sortir ce premier album, nous avions déjà 3 EPs et une démo qu’on avait mis en ligne. Skegss existe depuis cinq ans quand même, donc tout n’a pas décollé en l’espace d’une seconde, aussi rapidement que ce que les gens peuvent penser (rires). Concernant notre ‘succès’, je pense que c’est un bien grand mot. A vrai dire, c’est vraiment cool de ta part de dire ça car jusqu’ici, on pensait que personne ne viendrait à notre concert. Au final, tu es là à écrire un papier sur nous, et on a déjà croisé pas mal de personnes qui sont venues ici ce soir pour nous voir jouer. Après, commercialement, ça pourrait encore être un plus grand succès (rires), mais on reste super contents de pouvoir arriver n’importe où, et de tout envoyer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne dans le public pour apprécier notre musique. Vraiment, c’est ce qu’il y a de plus chouette dans ces tournées je pense.

A l’écoute de vos morceaux, on a l’impression que le fil directeur de vos paroles est l’état d’esprit carpe diem, de profiter de l’instant présent sans se soucier du reste, et peu importe les conséquences qui en découleront. Aussi, votre identité graphique continue de vous coller une étiquette de groupe ‘slacker’, pour autant vous n’aimez pas beaucoup qu’on vous qualifie ainsi. Vous pouvez m’en dire un peu plus ?

A vrai dire, on aime bien profiter de la vie quand on est en tournée, prendre le temps de faire les choses bien, ne pas être tout le temps dans la fuite en avant. Pour autant, on aimerait que les gens nous prennent un peu plus au sérieux et nous considèrent comme un groupe de rock n’roll à part entière plutôt que comme un groupe de slacker, parce que ce qu’on aime le plus au final, c’est arriver sur scène, balancer du bon vieux punk et s’en aller. C’est tout.

Comment votre musique a t-elle été accueillie en Australie, un pays actuellement inondé par un raz-de-marée psychédélique inauguré par Pond et Tame Impala entre autres, ou encore King Gizzard And The Lizard Wizard ? N’était-ce pas trop difficile pour Skegss de se frayer son propre chemin parmi ces groupes bien installés ?

Tu sais, au final, l’Australie est un petit pays en ce qui concerne les groupes de rock. On se connait tous plus ou moins. On est tous potes, on est tous dans le même bateau, et dans la même galère. On essaie sans arrêt de s’entraider autant qu’on le peut, ce n’est pas du tout une compétition. On a aussi l’impression qu’il y a de plus en plus de gens qui trouvent de l’intérêt dans le rock, et comme dirait l’autre, plus on est de fous plus on rit. Quand on en était encore à nos premiers concerts en Australie, ce n’était pas très difficile de se faire remarquer par les gens qui apprécient le rock n roll, et ceux qui venaient voir en live les groupes que tu as mentionné en profitaient aussi pour venir nous voir dans la foulée.

Comment composez vous vos morceaux ? Est-ce que tout le monde participe au processus de la même manière ou bien y a t-il des personnalités plus productives que d’autres au sein du groupe ?

Ben (guitare) : Avec Tobby (basse), on écrit nos propres chansons individuellement à la maison, puis chacun de nous y donne un peu de structure. Ensuite, quand on se revoit tous, on fait les démo ensemble. C’est aussi simple que ça.

Quand on jette un coup d’oeil aux concerts que vous donnez en Australie, on remarque le fort soutien des fans locaux. Vivez-vous différemment le fait de jouer en live à l’étranger plutôt que dans votre pays ?

Je dirais qu’en Australie, les concerts sont parfois plus imposants. Mais dès qu’il y a de l’énergie et que l’esprit des fans est avec nous, on se sent chez nous partout où l’on joue. Je pense que les fans de Skegss des quatre coins du monde sont tous cools, tant que notre musique les touche d’une façon ou d’une autre.

Avez-vous déjà commencé à travailler sur la suite de My Own Mess ?

On a petit paquet de morceaux sous la main qu’on va enregistrer en studio dès qu’on reviendra de notre tournée. Notre nouvel album est presque prêt, et quelques nouveaux titres arriveront d’ici un mois ou deux, dont un qui s’appelle Save It For The Weekend pour lequelle on a tourné un clip à Londres. Mais oui, la première chose qu’on fera une fois à la maison, ce sera de retourner en studio pour enregistrer tout ça. Au final, on ne se repose jamais vraiment quand on fait du rock n’roll.

ECOUTE INTEGRALE


Tags:
No Comments

Post A Comment