Mac Demarco en 10 titres et pas un de plus

Mac Demarco en 10 titres et pas un de plus

Parce qu’il est rapidement devenu l’égérie de toute une frange d’un indie rock rythmé au flegme des battements du coeur, et qu’il foule désormais les scènes des plus grands festivals comme des salles les plus mythiques, on croit Mac Demarco débarqué de nulle part et de la dernière pluie. De nulle part peut-être puisque le jeune songwriter a passé son enfance à Edmonton, au fin fond du Canada. De la dernière pluie, un peu moins puisque c’est là que durant toute son adolescence il s’est fait la main en multipliant les groupes. Mais ce n’est qu’en 2009, à son arrivée à Vancouver, que les choses sont devenues plus sérieuses. Remarqué au sein de Makeout Videotape, formation punk garage locale, il vend alors les 500 premiers exemplaires de l’album en un temps record, et part ouvrir la tournée de Japandroids. Deux ans plus tard, il atterrit à Montréal bien décidé à poursuivre sa route en solo, rejoint Captured Tracks chez qui il sort son premier mini album Rock and Roll Night Club. Convaincu, le label l’accompagne de nouveau à l’occasion de 2, premier véritable album qui le lance dans de longues tournées internationales, et le place sur les rails d’une belle destinée, tour à tour confirmée aux parutions de Salad Days (2014), Another One (2015), et This Old Dog composé en 2017 sur ses nouvelles terres californiennes.

Fort de son style très reconnaissable qu’il qualifie lui-même de ‘jizz jazz’ – fait de rythmiques feutrées, et d’effets de guitare contribuant aux ambiances nonchalantes de sa pop lennonesque – Mac Demarco a surtout bâti sa réputation en live, à force de tournées enchaînées depuis maintenant une douzaine d’années. C’est là que son bonheur, sa joie de vivre, sa bonne humeur communicative, comme son caractère imprévisible peuvent donner lieu à de grands moments. Entouré de ses musiciens avec lesquels il instaure une ambiance de cours de récréation un poil rétrograde et immature, Mac Demarco s’autorise le moindre de ses délires, l’alcool aidant souvent. S’il admet s’assagir avec l’âge et l’expérience, il lui arrive encore de se dénuder (on se souvient du concert de Primavera 2017 ou il a fini en string perché sur son ampli de guitare), plus souvent de performer frappé de la pire des gueules de bois, ou de mettre certains de ses musiciens dans des situations gênantes qu’aucun ne manque d’assurer et assumer.

Il est évident que la personnalité d’adolescent attardé du jeune homme a grandement contribué à son succès. Parce qu’il est un peu ce branleur-ambianceur avec qui on envisagerait aisément de passer une soirée, parce qu’il n’est aussi rien d’autre que Monsieur Tout Le Monde (en plus simple et en plus humble), parce qu’il pond ses albums avec une guitare acoustique achetée dix dollars à un toxico, et parce qu’il semble sans cesse se foutre de tout. De tout, sauf de sa musique qui, si elle reste perfectible car souvent inégale au sein d’un même disque, s’empresse de séduire une audience toujours plus large à chaque nouvelle ligne de sa discographie. Mac Demarco n’est certes pas un grand musicien (c’est d’ailleurs l’argument choc des ayatollahs pour qui la musique ne doit surtout pas faire rire), mais il reste un excellent entertainer qui prend toute sa dimension dès lors qu’il se présente à la foule.

Certains auront d’ailleurs l’occasion de le vérifier prochainement en France, quand le bonhomme viendra défendre sur scène son tout nouvel album sorti sur son propre label sobrement baptisé Mac’s Record Label, créé pour l’occasion. Fidèle à la formule déjà maintes fois appliquée, Here Comes The Cowboy se démarque néanmoins de ses prédécesseurs par sa touchante sincérité alors que la mélancolie et un certain spleen s’y laissent plus que jamais ressentir. Une aubaine pour vous proposer de retracer la discographie du slacker le plus célèbre de l’indie pop, en 10 titres et pas un de plus.

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