Zero
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(France)

(4 articles)

Zëro - “Hungry Dogs (In The Backyard)”

zero180Album
(Ici d’Ailleurs)
07/11/2011
Rock décomplexé

On était résigné, sans le moindre espoir de pouvoir ré-entendre un jour de la part d’un groupe français un album totalement libre qui puisse répondre à la perfection. On y avait pourtant cru en de multiples occasions, et cela aurait été le cas si, à chaque fois, le disque en question n’avait pas été plombé par quelques morceaux dispensables. Comme souvent dans ce genre de situation, la persévérance se voit récompensée lorsqu’on n’est plus dans l’attente: la bave aux lèvres et la laisse bien tendue, Zëro sort “Hungry Dogs (In The Backyard)”, un troisième album qui mord le rock français si profond qu’il en gardera assurément longtemps des cicatrices.

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Zëro - On a vraiment rien inventé (video interview)

Lire la chronique de “Diesel Dead Machine

Zero - “Diesel Dead Machine”

zero180Album
(Ici d’Ailleurs)
01/02/2010
Post Bastard

Ces mecs là pourront toujours se démener à n’être que Zëro, ils seront encore pour très longtemps dans l’estime du public rock ceux qui faisaient jaillir la noise des instruments de Bastard, pilier du genre dans les années 90 en France. Ca pourrait cependant ne pas durer. Déjà en 2007 avec “Joke Box“, le groupe d’Eric Aldéa étalait son expérience, son savoir faire, son talent, et développait un post rock souvent tout en retenue qui ne se gênait pas pour aller puiser dans le jazz, le blues et le krautrock. En ce début 2010, de l’eau a coulé sous les ponts, de la sueur également sur les bras du quatuor puisque Zëro porte désormais les traces de deux ans de concerts.

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Zero - “Joke Box”

Joke Box[Album]
15/10/2007
(Ici d’Ailleurs/Differ Ant)

Lorsqu’il s’agit de noise à la française, la référence Bastard n’est jamais très loin. Pour preuve, ces dix dernières années d’absence n’auront pas effacé le combo lyonnais de la carte musicale hexagonale. Au point que nombre des anciens admirateurs du groupe se seront rués sur le récent “Yet Reloaded“, ultime trace sonore du monument qu’il fut, si ce n’est pas sur le projet Spade & Archer qui en découle. Bien qu’involontairement, et heureusement pour les musiciens que cela concerne, le qualificatif “ex Bastard” que l’on pose systématiquement sur leur parcours est devenu un argument “marketing” indéniable. Ainsi, il était difficile de faire l’impasse sur Zëro, témoin de la grande inspiration de ces lyonnais dont la source semble encore aujourd’hui inépuisable

Qu’on se le dise, et même s’il se montre plus accessible que Bastard, Zëro n’en est pas pour autant la suite logique. Les acteurs sont sensiblement les mêmes, mais on nous sert là un scénario bien différent. Ce qui ne paraît pas forcément évident sur le “Big Screen/Flat People” d’ouverture (ou, plus tard, sur “Derby”) dont on apprécie l’ambiance à l’intensité sous-jacente, comme si le chaos était sur le point d’éclater sans pourtant qu’il ne daigne se pointer. C’est donc véritablement sur les superbes “Go Stereo” et “The Desire And The Importance Of Failing” que Zëro montre enfin son vrai visage. Lorsqu’il étale un post rock lumineux d’une finesse mélodique et rythmique qui ne peut laisser indifférent, auréolé d’une perfection, d’une application et d’un plaisir qui s’entendent sans pour autant qu’on ait l’impression d’avoir affaire ici à une performance indigeste d’école de musique

Mais face à la convaincante diversité de ce “Joke Box”, il ressort nettement la volonté du groupe d’évoluer dans un rock libéré de toute contrainte. Ainsi, le jazz, le blues, le krautrock sont aussi de la partie, toujours avec une approche singulière qui élève toujours un peu plus Zëro au-dessus des conventions (le bruyant et habité “Drag Queen Blues”, le psychédélique et fascinant “Luna Park”, et l’excellentissime “Automodown/Spacegirl Blues” de Devo brillamment repris ici). De quoi permettre à cet opus de fuir un manque de cohésion qui, sans cette maîtrise et aux vues de titres aussi différents les uns des autres (comme lorsqu’on passe de l’acoustique “Crosby And Garfunkel” au tendu et électrique “Pride Of The Kids”), n’aurait pas manqué de froisser

Zëro survole, surclasse et surprend. Aussi imprévisible qu’infiniment inspiré, il ouvre grand les portes de son monde quelque peu habité, nous faisant nous attendre à tout sauf au n’importe quoi. Voilà le seul point commun qu’il puisse y avoir avec le Bastard d’il y a dix ans, dont le souvenir reste indélébile mais dont la nostalgie s’effrite avec le temps et une si belle descendance

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