(7 articles)

Yr Letter Festival, un évènement pour un hommage

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En avril dernier, Matt Showman - fondateur du label Yr Letter - nous quittait à l’aube de ses 33 ans, succombant à une longue maladie. C’est à la suite de son enterrement que ses amis ont décidé d’organiser un évènement hommage à la hauteur de toute la passion et l’énergie qu’il a mis dans la musique. L’idée du Yr Letter Festival était née.

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Clin d’oeil à Matthieu Bierne (1978-2011)

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Je l’appréciais énormément, pourtant on ne se connaissait pas beaucoup. On se croisait à quelques concerts ou dans les rayons des disquaires quand la maladie voulait bien lui laisser un peu de répit. Chaque fois, forcément, on discutait musique, de nos projets respectifs, lui de son label YrLetter et moi de Mowno

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Down To Earth - “Prisms”

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(Yr Letter / Deep Elm)
20/02/2010
Emo post hardcore

Partagé entre groupes à fort potentiel finissant le nez dans la poussière, et l’infâme mouvement screamo en provenance des Etats Unis, l’émo hexagonal n’est franchement pas bien portant. Pire, quand on en vient à faire un peu le tour du propriétaire, le constat est limite déplorable. Pourtant, vue de haut, la meute laisse apparaître une exception, celle des Rochelais de Down To Earth: un groupe droit dans ses bottes, qui continue de tracer sa route en restant indifférent à tout ce qui peut bien se passer autour de lui.

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Memoria - A Tribute To The Alternative 90s

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(Yr Letter)
26/10/2009
Punk - hardcore - Indie rock

Le jeune label Yr Letter est plutôt du genre à préférer la qualité à la quantité. C’est en tous les cas ce qui ressort de son maigre catalogue qui, à chacune des sorties, n’a pas manqué de susciter l’intérêt. D’où l’enthousiasme qui s’est emparé de nous quand, il y a déjà quelques mois, il annonçait travailler sur un projet de tribute à cette scène alternative des années 90 qui a bercé l’adolescence de pas mal d’entre nous, quand elle ne nous a pas plus directement influencé. Lire la suite…

Powell - “Silent Clashes”

Silent Clashes[Album]
07/09/2007
(Yr Letter/Season Of Mist)

Tracer sa route… C’est ce que fait Powell depuis qu’il a vu le jour il y a maintenant un peu plus de trois ans. Et, à y regarder de plus près, on ne pourra pas dire que les manceaux ont chômé ou se sont reposés sur leurs lauriers, et cela même si leur tout premier disque récoltait déjà des critiques très positives de la part de la presse spécialisée française. Non, plutôt que de jouer la redite, Powell s’est cherché, a affiné son style, n’a pas hésité à prendre des risques, voire même à changer légèrement d’orientation sans pour autant se compromettre. Et il s’est passé comme un déclic, celui qui interviendra au même moment que le split courageusement édité par Yr Letter avec d’autres fleurons hexagonaux (Clumsy, Atomic Garden et Down To Earth). Là, on a découvert un Powell ragaillardi par le chapitre le plus pop de son existence (”Hundred Miles And Caffeine“), désormais prêt à creuser l’exercice de composition pour y gagner en personnalité, et capable de pondre des titres aussi inspirés que “Amnesia In America” (présent sur un des deux bonus vidéo de ce disque)

Il était donc logique et légitime que Powell passe au cran supérieur, celui du premier album qui n’a cessé d’être souhaité et attendu à en lire les chroniques de leurs précédentes productions. Et cela n’est pas allé sans un coup de pouce du destin, ce “Silent Clashes” bénéficiant d’une distribution nationale, un avantage non négligeable que d’autres homologues plus expérimentés ne possèdent malheureusement pas encore. Et inconsciemment peut être, Powell justifie cela en propulsant dans les bacs des disquaires bien informés son disque le plus mature à ce jour. Car le groupe a pleinement digéré ses influences, ne renie rien du passé et, au contraire, a su tirer parti des erreurs comme des réussites d’antan, puisant dans la complexité des titres de “November Landscape“, dans les mélodies de “Hundred Miles And Caffeine”, et l’intensité du split, tout en y ajoutant quelques prises de risque du plus bel effet

C’est en tous les cas ce que laisse penser “Room 65″, généreux, tendu et gueulard se permettant un break dance rock, autant héritage de longues écoutes de Q And Not U que clin d’oeil aux grosses machines rock commerciales de ces dernières années (visez plutôt l’Angleterre…). “Bad Loser” pose ensuite le deuxième parpaing de ce mur du son (qui ne s’achèvera qu’à la dernière note de “The Man Who’d Never Cried”), alternant couplets indie et refrains toute gorge déployée, avant que “One By One”, plus posé, ne vienne calmer le jeu armé de belles mélodies et d’une belle complémentarité des deux chants, autre point sur lequel le combo semble avoir incontestablement travaillé. C’est d’ailleurs celle-ci qui donne ce statut de tube à “The End Of Me”, imparable, vibrant, accrocheur et ponctué de riffs pyrotechniques bien plus marquant à l’écoute que sur le papier. Autre richesse, cette capacité qu’a Powell à alterner les ambiances, à oxygéner certains titres par des choeurs et breaks bien amenés, ou en passant de déluges saturés à d’autres moments plus épurés (”Sideways”, “Foolishness”), preuves indéniables d’une maturité bien acquise

Powell passe donc l’étape du premier album avec brio, non sans quelques bénignes imperfections, et fait admirablement le pont entre la scène rock indépendante américaine des 90’s (Karaté, Fugazi, Engine Down…), la noise française du siècle dernier (Sleeppers, Portobello Bones, Condense…), et l’émo hexagonal d’aujourd’hui (Tang…). Du coup, Powell ne se voit adresser qu’un seul reproche de notre part: celui d’un tracklisting trop court à notre goût. Voilà qui ne laisse aucun doute sur l’enthousiasme que peut procurer ce “Silent Clashes”. De quoi faire un appel du pied à ce que les manceaux possèdent encore indéniablement sous la semelle..

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Jonah Matranga - “And”

And[Album]
01/09/2007
(YrLetter/Autoproduit)

Ce nouvel album de Jonah Matranga est le fruit d’une belle histoire, à l’image de la grande qualité humaine et de la générosité de celui que vous avez peut-être déjà entendu au sein de New End Original, Far, Onelinedrawing ou Gratitude. Car Matthieu, à la tête de YrLetter, n’a jamais caché son admiration pour le bonhomme, au point de donner à son label le nom d’un titre de Onelinedrawing. Jonah Matranga l’a bien compris et lui a toujours bien rendu ces quelques signes de reconnaissance

Au point de lui attribuer la sortie française de son nouvel album “And”: une référence que de nombreux labels devraient s’arracher, qui atterrit finalement au catalogue d’une structure qui, à défaut d’avoir autant de force pour le défendre, en aura clairement l’envie. Et cela fera d’autant plus plaisir aux nombreux fans de Matranga, conquis sur disque, et encore plus sur scène, ou il offre de purs moments d’échange et de communion. Un fait assez rare chez ces rockeurs égrenant la scène depuis plus d’une dizaine d’années, devenus frustrés voire peu abordables

Fort heureusement loin de tout cela, Jonah Matranga, dont les budgets d’enregistrement ont varié jusqu’ici entre 300 et 300 000 dollars, s’écoute bien tranquillement assis sur son canapé, dans son salon, là ou il n’est pas rare de le voir évoluer (jetez un oeil, par exemple, sur le DVD de “There’s a Lot In Here“). Et pour cause, sa musique s’y prête tout naturellement, comme c’est une nouvelle fois le cas ici. Comme il l’a toujours fait, l’Américain souligne cette fois encore un réel talent de mélodiste et pond une dizaine de titres pop à la sensibilité exacerbée, qui pourrait bien rendre cons ces soi-disant viriles le sourire en coin à la vue des minettes la larme à l’oeil. Car à moins de ne jurer que par une musique brutale, ou ne serait-ce que par une énergie débordante, impossible de rester insensible à ces quelques tubes (un pléonasme pour qui a toujours baigné dans sa musique)

Seul, armé de sa guitare acoustique, ou bien entouré, Matranga fait mouche, et dissipe vite cette impression de redite qui règne à chacun de ses nouveaux disques. Certes, le registre reste inchangé, facile (quoique…), tout comme sa voix aussi propre, limpide et irréprochable, chantant ou susurrant, alignant toujours de belles paroles totalement dénuées de pudeur tant elles nous immergent dans l’intimité de son auteur. Mais le tout est tellement beau et harmonieux qu’on succombe immanquablement. C’est le cas sur le “So Long” d’ouverture, “Waving And Drowning”, et “Not About a Girl Or a Place”, trois exemples parmi d’autres qui resteront parmi les meilleurs moments de sa discographie

Jonah Matranga ne laisse donc aucune place à l’attitude ou à la superficialité dans sa musique. Incontestablement, celle-ci n’a selon lui aucun sens s’il ne s’agit pas de mettre son coeur et ses tripes sur la table au moment d’armer sa guitare et son micro. La scène rock est aujourd’hui tellement polluée d’imposteurs en tout genre, desservant leur art plutôt qu’ils ne le servent, qu’on avait presque oublié à quel point la musique pouvait être aussi saine et sincère

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Down To Earth - “Room For The Three Of Us”

Room For The Three Of Us[Album]
01/08/2007
(YrLetter/Autoproduit)

La grande famille française de l’Emoglam Connection, aussi bonne et convaincante soit elle, cache derrière elle un bon nombre de groupes qui mériteraient tout autant d’en faire partie. Si mon regard se tourne vers le sud ouest, quelque part entre Bordeaux et La Rochelle, il croisera certainement celui des Down To Earth, un groupe qui prend le temps d’évoluer et qui montre une évolution notable à chacune de ses réapparitions. Un premier maxi, bien que jeune, laissait entrevoir un réel potentiel, confirmé sur l’excellent split partagé avec Atomic Garden, Clumsy et Powell, sur lequel ce trio a légèrement dominé le débat. Concours de circonstances, c’est quasiment au même moment et sur le même label de ce dernier que Down To Earth n’est pas peu fier de présenter son tout premier long format officiel. Et c’est bien normal, car il confirme ici ce que cette dernière apparition laissait amplement entrevoir. Incontestablement, de la sueur a coulé sur les fronts de ces trois rockeurs ces derniers mois. En douze morceaux, Down To Earth laisse entendre une maturité toute trouvée, joue avec les rythmes, varie les plaisirs, décroche un riff ou l’accord qui va bien, alterne les intensités, hurle ou chante, et ouvre ainsi un long tiroir d’influences, désormais si mélangées qu’elles en deviennent à peine décelables. Quelques-unes parviennent quand même à rester à la surface, comme celles d’At The Drive In (”00:05:00″), des Get Up Kids, By a Thead, un certain pan du catalogue BCore (”Smile Stinks”), et plus étonnement Engine Down pour quelques breaks mélancoliques réussis (”Relief”). C’est donc quand tout cela se retrouve mélangé avec le plus de finesse et d’habileté que Down To Earth épate (”Explocean” entre autres), et qu’il est “seulement” très convaincant en privilégiant une ou deux sources d’inspiration (”Inmost Song”, “Hawaii Turbulent”, ou le surprenant “Umbrella” qui clôt le disque en sagesse). Et même si la voix peut encore être meilleure, non pas en justesse mais en inspiration, ce power trio pourrait bien en arriver à jouer les trouble-fêtes, à condition qu’on veuille bien l’écouter..

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Clumsy/A.Garden Powell/DTE - “Split”

Split[Album]
01/12/2005
(Yr Letter/Autoproduit)

La conjoncture aidant, les initiatives de la scène indépendante française se font malheureusement de plus en plus rares. En effet, si la série “Emo Glam Connection” a fait parler d’elle il y a quelque temps déjà en regroupant quelques talents du rock hexagonal, peu de sorties de ce genre ont vu le jour depuis. Et pour cause, rien aide désormais les jeunes groupes français à s’émanciper et se faire connaitre. C’est donc avec une passion inaltérable et un zeste de folie que le tout jeune label parisien Yr Letter s’est jeté dans le projet de ce split regroupant quatre formations encore relativement méconnues: Clumsy, Atomic Garden, Powell et Down To Earth en sont donc les heureux élus. Couillu, certes, mais d’intérêt public

C’est Clumsy, splitté depuis, qui ouvre les hostilités dans un genre évidemment très proche de leur récent album. Quatre titres légèrement moins bien produits et à mi-chemin entre Second Rate et Samiam (leur référence de toujours) ou les mélodies fusent dans un contexte rock n’roll qui ne laisse pas indifférent. Si “Riot Inside” et “We Don’t Need Hope” rappellent fortement la référence pop punk américaine, “Wild Dog” et “Parts Of Me” rendront nostalgiques les éternels partisans des regrettés bisontins. Dans un registre très similaire, Atomic Garden, avec également quatre morceaux dans le canon, semblent aussi avoir été très marqué par Second Rate. C’est flagrant sur “Dancing On Wallstreet”, encore plus sur “Gemini”, mais les clermontois ont nettement évolué en faisant preuve de plus d’assurance, notamment dans le chant, chose que l’on espérait plus à l’écoute de leurs précédentes apparitions discographiques

C’est ensuite que le split opère un virage à 90°. L’émo français devenu classique, mais toujours efficace, laisse la place à deux formations sortant des sentiers battus et pour qui évolution ne rime pas forcément avec répétition. Powell laisse ainsi entrevoir un nouveau visage après un récent maxi très orienté pop punk. Et c’est une évidence à l’écoute de “Temper”, mais surtout de “Amnesia In America”, un des titres phares de ce disque, ou le groupe semble avoir pleinement trouvé sa voie: mélodies sous-jacentes, ambiance tendue, et énergie contenue ne vous aideront certainement pas à voir la vie en rose, mais souffleront comme un vent de fraîcheur vivifiant. De bonne facture toutefois, “My Living Space Is My Memory” sonne comme un laissé pour compte de leur dernier maxi, et “Angel On Earth”, lui, trahirait presque un très léger manque d’inspiration avec l’excuse pourtant d’être le témoin d’une nouvelle orientation musicale à venir. C’est donc à Down To Earth que revient le difficile exercice de clôture. Et pour le coup, l’expression “le meilleur pour la fin” n’a jamais autant pris toute sa signification. On avait laissé le combo sur un album mi figue mi-raisin, aux relents parfois trop métal, sans s’attendre, quelques mois plus tard, à se prendre dans la tronche cinq titres rondement menés au point de placer le groupe parmi les grands espoirs français. Toujours très technique, Down To Earth ne tombe pas dans la facilité, s’avère furieusement efficace (”End All”), accrocheur (”Blosssom”) malgré un chant trop en retrait, laissant échapper, ci ou là, quelques traces d’admiration pour At The Drive In (”Emerger”). Qui s’en plaindra

Tout est dit. Yr Letter semble avoir eu le nez fin en dégotant là trois groupes au devenir certain, Clumsy étant désormais recalé au rang des regrettés. Si le programme de ce split n’est pas aussi “vendeur” que certains de ses prédécesseurs, il en reste tout aussi intéressant. Voir plus, puisqu’ici la place est laissée à la découverte. Une initiative pleinement réussie qui, on l’espère du plus profond de nous-mêmes, donnera envie à d’autres de s’y mettre. L’activité et la survie de notre petite scène française passeront assurément par là. Amen

Ecoutez un titre de chaque groupe iciSplit album disponible pour 10 euros port compris ici (rubrique “contact”)