Youngblood Brass Band

Youngblood Brass Band

(USA (New York))

(2 articles)

Youngblood Brass Band - “Is That a Riot?”

Is That a Riot?[Album]
27/02/2006
(Layered/Pias)

C’est avec “Center Level Roar”, cet album sorti sur le label Ozone en vogue à l’époque, que nous avions découvert ce groupe de neuf musiciens appelé le Youngblood Brass Band, ayant déjà auparavant conquis les Talib Kweli et Mike Ladd. Comme son nom l’indique, sa musique est cuivrée, mais a aussi la particularité d’y mêler d’évidentes couleurs hip hop pour un résultat original, pour ne pas dire unique. Depuis, la joyeuse troupe a continué son petit bonhomme de chemin, en créant son label, et en sortant un live, endroit privilégié pour apprécier toute l’ampleur de cette musique. C’est alors que résonnaient, au loin, les cuivres, avec des airs inconnus qui allaient composer “Is That a Riot?”, ce nouvel opus toujours aussi généreux

Deux batteurs, trois trombones, un saxophone et trois trompettes pour un line up légèrement remanié, voilà de quoi faire un album “hip hop” comme vous en avez rarement, ou jamais entendu. “March” ouvre le bal avec son ambiance en dents-de-scie, alternant envolées de cuivres et passages plus calmes, le tout appuyé par une rythmique fournie et indéfectible. “Nuclear Summer”, premier single de cet album, prend le relais avec quelques intonations ragga, “Waiver” et “Ake” délaissent l’intensité pour un penchant clairement jazzy, “But You Can’t Run” offre un agréable exercice de percussions, tandis que “Dead Man Stomping” et “Bone Refinery” se plaisent à rappeler que le hip hop y est pour beaucoup dans le répertoire du groupe

Youngblood Brass Band a évolué. Plus techniques, plus jazzies, un tantinet moins hip hop que sur l’album précédent, ces neuf américains ont, par contre, toujours autant le juice dans le sang. Impossible de rester statique à l’écoute de ce “Is That a Riot?”, véritable invitation à un déambulatoire qu’on aimerait ne jamais voir s’arrêter. Si les fanfares locales sonnaient de la sorte, la jeunesse française ne fuirait pas ses villages. Mieux, moi je ferais bien la majorette!

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Youngblood Brass Band - “Center:Level:Roar”

Center:Level:Roar[Album]
24/03/2003
(Ozone/Chronowax)

En tant que découvreur de talent et mise en avant d’une certaine originalité, Ozone n’est pas en reste. Après que Saul Williams, Sonic Sum, Mike Ladd ou Antipop Consortium aient littéralement explosé par son biais, c’est au tour des new yorkais de Youngblood Brass Band de donner une nouvelle couleur au hip hop sans jamais tomber dans le plagiat de ses confrères. Un conseil, mieux vaut avoir l’esprit ouvert pour s’attaquer à ce “Center:Level:Roar” qui vous déstabilisera de par ses nombreuses influences allant du punk au jazz, le tout baignant dans la joie de vivre et l’esprit de famille. Deux batteurs, six cuivres, un Mc, et un sousaphoniste contribuent à ce résultat des plus probants prouvant que le hip hop n’a pas fini de dévoiler ses multiples facettes

Inutile de vous le préciser, les quatre baguettes magiques du combo placent cet album sous le signe des percussions. Dés les premiers coups de caisse claire de “Round One”, on comprend que nous n’avons pas affaire ici à des débutants. La maîtrise technique est des plus renversantes, le tout sonne parfaitement, les lignes de cuivres énergiques servent de repère au sein de cette rythmique fournie et bien loin du hip hop alors que les choeurs et les brèves interventions vocales amènent un fun vivifiant et non négligeable. Le virage hip hop se prend plus clairement sur les couplets de “Culture:Envy:War”, “Diaspora” et “Is An Energy” car les chorus de cuivres en guise de refrain rappellent insolemment que nous ne sommes pas en train de chroniquer une banale production musicale. Les batteurs refont alors des leurs sur les énergiques, jazzies et contrastés “Brooklyn” et “Human Nature” (reprenant un air connu de Michael Jackson) aux lignes de cuivre accrocheuses vous soutirant un large sourire et vous surprenant à balancer le bassin tel un pantin désarticulé, chose quand même assez rare à l’écoute d’un disque Ozone. “Thursday” fait guise d’accalmie et emprunte un peu plus au hip hop classique puisque le Mc se montre des plus performants bien que dans un registre de flow assez classique. L’inspiration sans borne de Youngblood Brass Band est subtilement mise en avant par des breaks toujours ingénieux (”The Movement”), des rythmiques variées et des plus appuyées que l’on croirait nées des mains de Questlove (”Avalanche”, “Under Your Influence”), des lignes de cuivre tranchantes et ne laissant jamais de répit (”Camouflage”, “VIP”) et des sonorités sorties d’on ne sait quel instrument allant jusqu’à proposer un morceau n’ayant rien à voir avec le reste (”Nate Mccavish Handbills For No Man”)

Ce “Center:Level:Roar” est inimaginable et personne ne pourra véritablement s’en faire une idée précise avant de l’avoir écouté. Dans un genre certes bâtard, la musique du combo vous retournera l’esprit et convaincra définitivement les détracteurs de cuivres. Le groupe ne se préoccupe ici d’aucune direction, d’aucun critère si ce n’est la passion et l’énergie qui s’avèrent toutes deux des plus communicatives. Jamais nous n’avions entendu chose pareille, et c’est un genou à terre que nous nous inclinons devant tant de talent. Dans les bacs fin mars, vous m’en direz des nouvelles! Assurément