Album
(Warner)
31/01/2011
Hip pop
A chaque album sa couleur. Telle est certainement la façon dont Buck 65 envisage chacun de ses disques, tous évidemment bien ancrés dans ce hip hop qui l’aura révélé, et auquel il restera attaché, bien que son originalité artistique puisse aisément lui permettre quelques infidélités. D’ailleurs, à l’écoute de ce “20 Odd Years”, on croirait presque assister à quelques appels du pied, comme à une poignée de clins d’oeil coquins du Canadien envers le monde de la pop aux douceurs formatées, parfois enviable pour sa facilité insolente à se voir ouvrir les portes de n’importe quelle chaumière.
[Album]
25/04/2006
(Wea/Import)
“Where You Want To Be”, deuxième album de Taking Back Sunday, ne s’était révélée qu’une bien maigre confirmation après le succès international de leur premier-né “Tell All Your Friends”. Ça n’aura pas empêché les majors de se pencher sur leur cas, une fois le travail mâché pour ne pas dire fané. Malheureusement une récurrente évidence. Quand débarque donc ce “Louder Now”, on s’attend à tout, surtout au pire: un formatage essentiel pour séduire les radios, une production lisse et sans âme, sans compter sur une majorité de fans leur tournant le dos car menés par une envie autre que d’écouter ce qui passe en boucle à la radio ou sur MTV2. Pourtant..
Pourtant, Taking Back Sunday s’en sort plutôt pas mal. Il faut l’avouer. Le groupe reste ici dans un style qui a toujours été le sien et qui, bien qu’il ait perdu en originalité, s’avère toujours aussi efficace, même baigné dans une production classieuse mais jamais exagérée. Passé le bien terne “Makedamnsure”, premier single de ce “Louder Now”, quelques titres contiennent leur lot d’intérêt, les guitares sont clairement mises en avant grâce à de multiples prises mais aussi quelques riffs efficaces (”What It Feels Like To Be a Ghost”, “Spin”), quelques refrains sont parfaitement amenés comme sur le très énergique “Liar” ou le plus relevé “Twenty Twenty Surgery”. Évidemment, quelques loupés viennent ponctuer le tout, comme ce fut malheureusement le cas sur “Where You Want To Be”. “Up Against (Blackout)”, “Miami”, “Error Operator”, ou “I’ll Let You Live” ne pousseront pas ce nouvel opus parmi les essentiels. Pas plus les quelques titres acoustiques venant amener une soi-disant touche d’originalité (”My Blue Heaven”, “Divine Intervention”)
Avec “Louder Now”, Taking Back Sunday ne loupe pas la marche, mais ne s’offre pas non plus une ascension époustouflante. Si quelques titres sont ici à retenir, on est encore bien loin de la ferveur du début. Une chose positive pourtant, en restant dans la semi médiocrité, le groupe ne verra pas forcément fuir ses fans. Maigre consolation…
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[Album]
11/05/2004
(Wea/Wea)
La sortie de “Original Pirate Material” avait surpris tout le monde, Mike Skinner, alors quasi-inconnu se révélait alors sous le nom de The Streets comme un nouvel artiste de la scène electro / hiphop particulièrement doué et surtout original, s’imposant immédiatement comme l’étendard du UK Garage / 2 Step. Le flow , reconnaissable entre tous à cet accent anglais si particulier donnait à cet album une saveur toute particulière, enrichie par des instrus minimales mais au dosage émotionnel relevé. Aujourd’hui débarque, de nouveau comme sorti de nul part, “A Grand Don’t Come For Free”, le nouvel album de The Streets
Cassons le suspense et insérons le CD dans la platine… Premier morceau, “It Was Supposed To Be So Easy”, force est d’avouer que quelque chose se passe qu’on n’avait pas vraiment envisagé… Le flow de l’ami Mike semble complètement décalé et désynchronisé par rapport à l’instru et pire, sa voix sonne bizarrement, comme effacée
Au fur et à mesure de l’écoute, il faut malheureusement se résoudre peu à peu à une déception sans cesse grandissante. Non seulement les parties vocales sont nettement moins meilleures qu’auparavant voire étrangement mauvaises (”Not Addicted” ou “Empty Cans”) mais en plus les instrus sont plates, sans émotion, comme évacuées de toute saveur, bref totalement lisses, tendant vers du r’n'b-pop façon MTV ou Ado FM (”Could Well Be In”, “Wouldn’t Have It Any Other Way” ou “Dry Your Eyes”) qu’on ne s’attendait assurément pas à rencontrer là. Et quand par hasard, Mike se reprend et nous sert un morceau, “Blinded By The Light”, rappelant sa gloire d’antan, c’est pour tout gâcher au bout de quelques dizaines de secondes avec une voix féminine sirupeuse, écoeurante de banalité et qui parait totalement déplacée
Bref, au bout de quelques écoutes au long desquelles on aimerait bien réussir à se persuader que finalement, cet album n’est pas si mal, il vaut bien se résoudre au pire : ce disque est totalement décevant de la part de Mike Skinner. Pas forcément mauvais non, juste effroyablement et irrémédiablement banal.
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[Maxi]
01/12/2003
(Wea/Warner)
Pas besoin de rappeler que le dernier album du canadien Buck 65 nous avait vraiment mis le cul par terre. “Talkin Honky Blues” lentement digéré pour plus de plaisir, l’heure est désormais à la course à l’inédit. C’est donc ce premier maxi, “Wicked And Weird”, qui nous amène une eau pure à notre moulin qui n’en demandait pas tant
Souvenez vous. “Wicked And Weird” n’est autre que le premier morceau de l’album, juste après l’intro, qui nous faisait découvrir Buck 65 sur une rythmique bien plus enjouée qu’à l’habitude. C’est donc logiquement avec ce titre que débute le maxi. Mais le mieux reste à venir. Son remix, par Jacknife Lee, nous fait entendre, pour la première fois, l’égérie du nouveau hip hop dans une veine lorgnant sans crainte vers le punk. Et oui, vous avez bien lu! Le flow linéaire de Buck se pose sur une instrumentation intense et saturée pour un résultat des plus originaux. Mais le bonheur continue… “What’s Wrong With That”, inédit, semble joué par un mélange habile de The Strokes et des Rolling Stones, sur lequel le canadien se pose comme à son habitude. Du jamais entendu
Alors que l’on entend déjà les puristes hip hop crier au scandale, ceux qui ne sont pas réfractaires à l’innovation se jèteront sur l’objet, au contenu novateur et brisant les barrières musicales comme un tank dans une boutique de porcelaine. Chez nous, ça passe en boucle, on adore et on attend le prochain…