Warsawpack

Warsawpack

(hamilton/canada)

Warsawpack ouvre modestement une nouvelle branche musicale en mélangeant subtilement des influences hip hop, rock, jazz, ou funk à sa musique. Encore peu connus en Amérique, le combo canadien l’est encore moins en Europe. Un vide qu’il va falloir combler…

(3 articles)

Warsawpack - “Stocks & Bombs”

Stocks & Bombs[Album]
01/09/2003
(G7 Welcoming Committee/Import)

Avec son premier album sorti l’an passé, Warsawpack s’est tout de suite affiché en groupe original de par son savant mélange de rock, hip hop et jazz qui se payait le luxe d’être assez équilibré pour être destiné à ces trois publics. Si ce genre d’exercice peut parfois s’avérer lassant, “Gross Domestic Product” nous a accompagné de longs mois et nous ne pouvions voir que d’un bon oeil l’arrivée de son successeur

Groupe engagé (sa présence au catalogue G7 en témoigne), les canadiens n’ont une nouvelle fois pas manqué d’inspiration puisque les grandes lignes de cet album se sont dessinées alors que les avions américains bombardaient l’Irak. Mais ce n’est pas tout, Warsawpack ne reste pas insensible à la politique des USA en matière de lutte contre la drogue et le terrorisme mais aussi à l’aliénation de la masse par les médias et la publicité. Vous l’aurez compris, au niveau texte, “Stocks & Bombs” possède déjà son intérêt

Musicalement maintenant, les canadiens ne déçoivent pas, au contraire, puisqu’ils semblent maîtriser leur art un peu plus. Prenant une orientation clairement fusion au début de l’opus, on s’attend à quelque chose de plus rock qu’auparavant. Mais rapidement l’équilibre se fait à merveille. La saturation des guitares laisse place à quelques accords funky, à quelques lignes de cuivres idéales sur lesquels Lee Raback pose ses rimes acerbes. Nous sommes une nouvelle fois surpris par l’approche musicale adulte du groupe qui réussit le difficile pari de dégager un certain charisme rien que sur bande et d’inonder son auditoire d’une vibe consciente mais néanmoins dansante à la manière d’un Keziah Jones révolté qui aurait subitement décidé de se faire une crête et boire deux litres de bière par jour

Trêve de plaisanterie, Warsawpack accouche ici d’un album adulte, réfléchi, professionnel, exemplaire, et parfaitement assaisonné qui ne pourrait souffrir que d’un métissage des genres trop rare pour être apprécié à sa juste valeur. Besoin de quelque chose de nouveau entre les feuilles? Les canadiens, et leur mariage de revendication hip hop, d’intensité rock et de touché jazzy sont pile poil ce qu’il vous faut. Vous n’avez pas fini d’aimer la musique..

Ecoutez un extrait sur le site de G7 Welcoming Committee

Interview : Warsawpack (11-2002)

Interview : Warsawpack (11-2002)

Signés sur G7 Welcoming Committee, Warsawpack ouvre à lui seul une nouvelle branche musicale. Véritable carrefour des genres, le groupe propose ici sa première interview française. Enjoy!

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Warsawpack - “Gross Domestic Product”

Gross Domestic Product[Album]
11/09/2002
(G7 Welcoming Committee/Import)

Warsawpack n’est autre qu’un puissant projet musical en provenance d’Ontario. Mélangeant parfaitement des influences jazz, hip hop, rock et funk comme pouvait le faire plus franchement SSL à une époque, le combo met au monde un “Gross Domestic Product” qui risque d’en rallier plus d’un à sa cause puisqu’il séduira sans aucun doute tous les adeptes des styles suscités. Rarement entendue, cette combinaison de styles ne portent encore aucune étiquette sinon celle de l’originalité et de la maturité. Deux éléments indispensables à la réalisation d’une musique de qualité

Warsawpack réussit dés les premières notes de “Year Of The Car Crash” à nous plonger dans le flou, nous pousse à nous interroger sur le style musical pratiqué. Mais devant l’absence de réponse, notre esprit se laisse prendre et guider par la musicalité du morceau naviguant entre jazz/funk épuré dans les compositions, hip hop limite spoken word pour le chant et un tantinet rock dans les sonorités de la rythmique. “Diabolique” prend plus une orientation hip hop avec un chant beaucoup plus accentué dans ce sens même si l’instrumentation reste encore difficile à qualifier, entre jazz avec l’intervention de cuivres et rock pour quelques sursauts guitaristiques. Le Mc montre son ouverture musicale sur “Survive” (dans une même lignée que le précédent) mélangeant flow quasi conventionnel et chant crooné, fait parfois pensé à ses collègues canadiens Buck 65 et Kunga 219 en plus chanté sur le superbe “Attention To Deficit” au groove dévastateur. L’influence spoken word reprend ensuite le dessus sur “State Of Unconsciousness” joué calmement dans un registre dub-hiphop, le funk pointe également le bout du nez sur l’énergique “Friday Night” avant que “Pause Song” ne laisse la voie libre au hip hop instrumental. “Mauser” opte pour un hip hop beaucoup plus rock grâce à l’intervention de guitares saturées sur son refrain, et “Dali” clôturera ce long format sur un hip hop funky reposant après une suite de morceaux un peu plus expérimentaux que les autres

“Gross Domestic Product” fait figure de véritable courant d’air frais de par son approche originale. Surprenant à chaque morceau, il prouve également la capacité d’adaptation du flow hip hop sur des compositions d’horizons divers. Ayant modestement réussi à proposer quelque chose de neuf et créatif, les sept membres de Warsawpack sont dorénavant à surveiller de près car il y a fort à parier qu’ils n’en resteront pas là dans leur recherche musicale. Que ceux qui croient tout connaître de la musique se jettent sur cet album qui leur prouvera qu’ils ont encore beaucoup de choses à découvrir et que la musique au sens large est en constante évolution. Cela nous promet encore de belles surprises..

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