Warp

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(129 articles)

Maximo Park - “A Certain Trigger”

A Certain Trigger[Album]
16/05/2005
(Warp/Pias)

Depuis quelques mois, le label anglais Warp, parmi les pionniers de l’électronique anglaise, ouvre ses portes en grand à des groupes musicalement étrangers à ses racines. C’est le cas de Gravenhurst, !!!, ou Maximo Park, nouvelle recrue arborant fièrement le costume d’un rock anglais racé, dangereusement proche des récents phénomènes revival Bloc Party ou Franz Ferdinand. Evidemment, le rapprochement est facile et rapide. Leurs origines communes, cet accent à couper au couteau, et cet hommage grandiloquent pour le rock des années 80 n’aident pas le groupe de Newcastle. Mais quand les petits copains citent volontiers Gun Club, Gang Of Four, ou les Talking Heads, eux préfèrent mentionner les Smiths. Et puis, il suffit de se plonger dans ce “A Certain Trigger” pour ne pas douter de sa spontanéité et de sa fraîcheur. Maximo Park chante des titres simples, lyriquement et musicalement, ou quelques accords suffisent lorsqu’ils sont suivis d’un carton de refrains accrocheurs. Les tubes que sont devenus “Apply Some Pressure” et “Graffiti” (appuyés par les tout aussi bons “Postcard Of a Painting”, “I Want You To Stay”, “All Over The Shop”) en attestent. Maximo Park balance donc un premier album, presque une révélation, mais peut être un poil trop tard pour véritablement exploser. Mais après tout, on s’en fout. Et le groupe aussi.

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Chok Rock - “Big City Loser”

Big City Loser[Maxi]
01/05/2005
(Warp/Pias)

L’histoire de Chok Rock est un conte de fée comme on en rencontre parfois dans le milieu musical, une sorte de cocktail explosif de chance, de hasard et de belle destinée. D’abord musicien dans un groupe de rock, Gaël Baillier peine à percer et s’oriente contraint et forcé vers la vie active en créant sa propre entreprise de sound design. Alors que les affaires marchent plutôt bien, il est de nouveau hanté par ses vieux démons musicaux et se lance dans l’electro en créant Chok Rock, suite à ses rencontres avec le crooner Camille Bazbaz et le guitariste Cyril Kebellian. De là sort “Big City Loser”, premier maxi sur le label parisien Chateau Rouge, vendu jusqu’en Angleterre ou un membre de !!! se le procure et le fait illico écouter à Steve Beckett, boss de Warp Records, qui le signera sans attendre. Après TTC chez Big Dada, l’Angleterre ouvre donc clairement ses portes aux artistes français..

“Big City Loser” est donc une réédition agrémentée d’un titre bonus, une sorte d’avant goût d’un prochain maxi et d’un album à sortir avant la fin de l’année. Décrit par Trevor Jackson comme un mélange d’Akufen et Parliament, on ne peut s’empêcher, nous français, de rapprocher la musique de Chok Rock à celle de Shalark ou Mr Oizo. “Give It Up”, premier long morceau, déborde de basses, de groove et de clins d’oeil funkies mais peine un peu à évoluer. Reste que si cette musique a déjà été entendue dans nos contrées, elle s’avère efficace, comme sur “Buzz” adoptant sensiblement la même recette mais en plus solide, et sur “Happy Man” plus posé. Seul “Take a Plane”, dernier morceau de ce premier maxi se démarquant clairement des précédents, semble annoncer la nature des prochaines productions de Chok Rock qui de ce fait, pourraient bien s’inscrire dans un registre plus electro pop

“Big City Loser” n’est donc pas à prendre au pied de la lettre. Si il souffre de quelques longueurs, il reste souvent très efficace et laisse entrevoir un talent de composition mêlant richesse et efficacité qui fera sans aucun doute mouche dés le prochain maxi, sûrement plus empreint de recul et d’expérience. Car Chok Rock n’est certainement pas du genre à se contenter de peu. Réponse au prochain épisode.

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Prefuse 73 - “Surrounded By Silence”

Surrounded By Silence[Album]
21/03/2005
(Warp/Pias)

Débarrassé temporairement de Delarosa & Arosa et de Savath & Savalas, Scott Herren revient sous les feux de l’actualité avec “Surrounded By Silence”, nouvel opus de Prefuse 73. Décrit par l’intéressé comme “la station de radio” de son esprit, cette nouvelle galette se place toujours dans la catégorie hip hop electro tout en jouant de (fausse) simplicité par rapport aux chapitres précédents de sa discographie

Là ou les opus antérieurs faisaient presque figure de performance, ce “Surrounded By Silence” met plutôt en valeur les nombreux invités qu’il contient. Car les noms sont prestigieux: El P (Company Flow, Def Jux), The Books, Dj Nobody, Beans (Antipop Consortium), Broadcast, Aesop Rock (Def Jux), Wu Tang (Ghostface Killah, Masta Killa et GZA), Pedro (Melodic), Camu, Kazu Makino (Blonde Redhead) ont tous répondu présent à l’appel de l’américain qu’ils ont tous rencontré en tournée. Alors, forcément, cela donne de bons moments mais le tout prend une tournure racoleuse, appuyée par le fait que Prefuse 73 accouche d’une vingtaine de titres moins chiadés qu’à l’habitude qui ne nous empêcheront pas de tomber dans l’ennui. Pire, de peut être nous endormir

Alors Mister Herren n’en ferait il pas un peu trop? Car trop de projets peuvent aussi nuire à l’inspiration. “Surrounded By Silence” n’est donc pas une réussite même s’il n’est pas entièrement mauvais. Disons qu’il est à Prefuse 73 ce qu’une pauvre street tape est à un Mc reconnu. Et puis, on en a peut être un peu ras le bol de voir une scène hip hop electro devenir un peu trop lisse à force de se noyauter…

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Two Lone Swordsmen - “From The Double Gone Chapel”

From The Double Gone Chapel[Album]
18/05/2004
(Warp/Pias)

Hors mis peut être avec Broadcast, jamais Warp n’avait autant approché le rock par le biais de l’electro. Car en effet, Two Lone Swordsmen, composé d’Andrew Weatherall (ingénieur du son de Primal Scream) et Keith Tenniswood (Radioactive Man), fusionne ces deux genres avec un “From The Double Gone Chapel” qui pourrait bien faire rougir de plaisir les adeptes de Joy Division et consorts. Par le biais d’enregistrements live, les deux producteurs donnent une couleur glacée et dark à la douzaine de titres que cet opus contient. Dés “Stack Up”, on se laisse bercer dans des influences dub aux rythmes hypnotiques. Puis, “Faux”, tout comme “Punches & Knives”, nous fait découvrir un Weatherall chanteur, adepte de spoken word baigné dans l’electro tranchant. Ici on rend hommage au post punk de Suicide ou Bauhaus sans pour autant perdre en originalité, et c’est Tenniswood qui se charge d’en porter la responsabilité avec ses contributions en basse et guitares. Alors même si cette alchimie semble fonctionner à merveille et qu’elle se paye même le luxe d’une reprise de Gun Club (”Sex Beat”), on frôle parfois la redite (”Formica Fuego”, “Damp”…). Mais rassurez vous, “From The Double Gone Chapel” ne perd pas de son intérêt mais y gagne plutôt en homogénéité et pourrait bien vite figurer parmi les références du label étant donné les superbes titres qu’il propose (”The Lurch”, “Driving With My Gears In Reverse”). Un disque qui demande plusieurs écoutes pour s’en imprégner. Mais que cet effort sera récompensé

Ecoutez un extrait sur le site Warp

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Squarepusher - “Ultravisitor”

Ultravisitor[Album]
09/03/2004
(Warp/Pias)

Dès le début, le public est pris en otage, entre admiration et absurdité. Admiration devant un artiste exceptionnel, compositeur de génie. Tout dans son travail est riche, subtile, travaillé par l’arrogance. La drum’n'bass la plus sauvage côtoie l’expérimentation sonore la plus instruite. Le disque se transforme, implose, jaillissent des mélodies à la simplicité acoustique, avant l’obscurité sourde

Absurdité d’un disque indifférent à ce qu’il touche, à ce qu’il crée. Les morceaux sont instables, prennent mille orientations et n’en défendent aucune. Lapsus. Abnégation de l’oeuvre

Tel Miles Davis en son temps, Squarepusher repousse l’auditeur, lui tourne le dos, construit une musique égocentrique. A prendre ou à laisser, mais un jour ou l’autre il faudra rendre des comptes.

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Savath And Savalas - “Apropa’t”

Apropa't[Album]
26/01/2004
(Warp/Pias)

Si Scott Herren a sorti un premier album “Folk Songs For Train Trees And Honey” il y a maintenant trois ans sous le nom de Savath & Savalas, il reste encore beaucoup plus connu sous le nom de Prefuse 73. L’année 2003 ayant été occupé par ce projet principal, c’est en cette fin de mois de janvier qu’il sort le nouvel opus de son side project, toujours plus ambiant, et cette fois accompagné d’une chanteuse catalane, Eva Puyuelo Muns, rencontrée lors de son long séjour barcelonais

Car cet album a un fond, une histoire. N’ayant jamais connu son père d’origine espagnole, Scott Herren s’est donc posté sur Barcelone pendant un an et demi, comme pour se plonger dans des racines qu’il n’avait jusqu’alors jamais connues. C’est ainsi qu’il arrive aujourd’hui à faire vivre à Eva sa première expérience musicale après avoir partagé avec elle son goût pour la musique brésilienne des années 70, la folk espagnole, et toute la fusion afro cubaine puerto ricaine new yokaise. Tous ces éléments donneront donc la couleur définitive d’”Apropa’t”, nouvel essai de Savath & Savalas, qui sera proposé sur scène, avec des musiciens, lors du printemps 2004

Inutile de préciser donc que les éléments musicaux de Prefuse 73 ne se retrouveront pas dans cet opus. Ici ce sont les rythmes discrets et chauds qui viennent orchestrer toutes ces sonorités ibériques donnant une couleur profonde et reposante. “Apropa’t” se présente comme une production intime, intense et émouvante, comme une fusion artistique des âmes de ces deux personnages, que sont venus appuyer avec beaucoup de réussite les non moins crédibles musiciens de Tortoise, Sea & Cake, Town & Country

“Apropa’t” se dresse donc plutôt comme un album conceptuel qu’il faut aborder dans son contexte. Pas ici d’exercice rythmique énergisant, mais bien la toile d’un décor pour une scène apaisante, voire même parfois soporifique ou le vent ramène avec lui quelques bonnes odeurs salées de paella, de plages sauvages ensoleillées. “Apropa’t”, bien que manquant cruellement parfois de relief, vous surprendra et de ce fait, ne fera que surélever encore un peu plus Scott Herren dans nos estimes d’amoureux de musique. Que l’on adhère à cet album ou non…

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Chris Clark - “Empty The Bones Of You”

Empty The Bones Of You[Album]
01/09/2003
(Warp/Pias)

Chris Clark, comme bon nombre d’artistes Warp, est le parfait exemple d’artistes s’étant fait la main et la réputation en apprenant de lui même. Souvent comparé à Aphex Twin, son premier album, “Clarence Park” l’avait révélé au monde de l’électronique et on attendait depuis impatiemment un nouvel album. Plus ciblé que son prédécesseur, “Empty The Bones Of You” confirme nos attentes et promet de laisser des traces dans les mémoires..

Ayant gagné en maturité, Clark combine ici avec magie rythmiques massives et ambiances agressives tout en privilégiant une fluidité rendant cet opus des plus scotchants. Du début à la fin, “Empty The Bones Of You” captive l’attention grâce à quelques combines dont l’homme a le secret. “Indigo Optimos”, premier titre de l’album, fait entrer progressivement l’auditeur dans son univers en affichant les nombreux atouts qui ne tarderont pas à définitivement s’installer sur “Holiday As Brutality”, vitrine rêvée de ce que l’on entendra après. Le beat tape un max, les mélodies des samples nous y rendent accrocs et on se laisse emporter par cette tornade electro déjantée adressant régulièrement quelques clins d’oeil au hip hop. Ainsi, “Early Mass”, “Tyran” et surtout “Wolf” et “Gob Coitus” ne manqueront pas de convaincre un auditoire qui oserait encore douter

“Empty The Bones Of You” marquera les esprits de son climat glacial et angoissant, ravira les amoureux de prestations électroniques dignes de Squarepusher, Aphex Twin, Amon Tobin, Black Dog ou Prefuse 73. Une superbe réussite, bien plus qu’une confirmation, que l’on ne cessera jamais de vous conseiller.

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LFO - “Freak”

Freak[Maxi]
01/09/2003
(Warp/Pias)

LFO, trois lettres mythiques dans la sphère électronique. Enfin de retour (en solo toutefois, Gez Varley poursuivant son chemin de son coté signant ici et là d’excellentes productions), Mark Bell nous offre ce maxi extrait de son dernier opus “Sheath”. Que dire, une bombe! Trois morceaux, trois tueries. “Freak” d’abord, aux basses massives aptes à provoquer des secousses sismiques sur n’importe quel dancefloor. Avec sa construction rythmique bien déjantée et son climat expérimental blippy, il va faire mal à beaucoup de paires de jambes et en décerveler plus d’un. Sur l’autre face, “Butterslut”, le premier track pourrait, sans hésiter, figurer (pour les connaisseurs) dans la playlist d’un Jeff Mills très énervé. En bref ça dépote. Le dernier morceau, “Whistle While You Jerk” nous offre un électro bien couillu et saturé. Un maxi puissant qui signe le retour en grande forme de ce symbole de toute une époque qui est loin, comme beaucoup le prétendent, d’être révolue. La techno a encore de beaux jours devant elle.

Prefuse 73 - “Extinguished Outtakes”

Extinguished Outtakes[Album]
26/08/2003
(Warp/Pias)

Alors qu’il vient de sortir son deuxième album qui l’a propulsé parmis les meilleurs producteurs du moment, Scott Herren, alias Prefuse 73, remet le couvert deux mois après avec ce “Extinguished Outtakes” qui regroupe ce qui semble avoir été mis de côté lors de ses précédentes productions. Une surproductivité sous estimée qui peut parfois donner naissance à de véritables belles perles..

Vingt trois titres en presque quarante minutes narguant les producteurs de seconde catégorie qui donneraient sûrement tout l’or du monde pour avoir des réserves aussi convaincantes. La patte de l’anglais est toujours la même: de l’electro tendance hip hop privilégiant les ambiances, les samples accrocheurs et les changements de tempo avec à chaque titre son lot d’intérêt. L’homme joue insolemment avec les sonorités, les décortique, les découd, s’adonne à une déstructuration ingénieuse, faisant de guitares saturées ou funkies, de lignes de chant soul et de toute autre émission de son son bonheur. “Extinguished Outtakes” s’avère incroyablement musical et met en relief tout le talent de musicien et de compositeur de Scott Herren, véritable chef d’orchestre virtuel et dompteur de machines

Si les 23 titres de cet album semblent avoir été jetés en vrac et donnent un passable arrière goût de compilation, le manque d’homogénéité est ici largement compensé par un résultat qui dépasse tout attente. Un comble pour une simple série de morceaux de secours…

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Prefuse 73 - “One Word Extinguisher”

One Word Extinguisher[Album]
06/05/2003
(Warp/Pias)

Son premier album “Vocal Studies+Uprock Narratives” l’ayant affiché comme un des plus fins bidouilleurs, Scott Heren (alias Prefuse 73) a certainement ressenti une certaine pression sur ses épaules lors de la conception de ce nouvel essai. Avec un style déjà très personnel, l’américain résident barcelonais pousse encore un peu plus loin ses travaux et imprègne de maturité un “One Word Extinguisher” qui est bien loin de décevoir

Si le premier opus, tel une pluie de lames de rasoir dont il serait ressorti des notes, illustrait un formidable travail dans l’utilisation des sonorités vocales, Scott Heren a cette fois préféré s’attarder sur la mélodie en générale et permet ainsi à “One Word Extinguisher” d’arrondir les angles, d’être un tantinet plus digeste, bref de couler comme du petit lait tout en jouant de complexité. Dans un genre toujours définitivement abstract hip hop, chaque morceau est une invitation à la surprise et à la découverte, ou une fois embarqué, l’auditeur voit la porte derrière lui se refermer n’ayant plus comme option qu’à s’attendre à tout et surtout, à n’importe quel moment. “One Word Extinguisher” est comme un défilé de haute couture ou chaque détail a son importance et où le vêtement n’est qu’addition de mille minuties. Quelques artisans sont venus épaulés ce chef d’orchestre virtuel: Diverse, Mr Lif et Jenny Vasquez sont venus apporter de la couleur là ou Tommy Guerrero, Dabrye et Daedelus ont joué de techniques. De ce cortège, seront sûrement les plus applaudis, “Uprock And Invigorate” (pour sa fausse simplicité), “Detchibe” (pour son beat dancefloor syncopé), “Busy Signal” (pour l’originalité des sons et son potentiel mélodique), “Perverted Undertone” et “Storm Returns” (qui ne déplairont pas à Rjd2) ainsi que “Choking You” (qui transpire les influences electronica du bonhomme)

Un deuxième album qui marque la digestion des nombreuses influences de Scott Heren (du hip hop à l’electronica en passant par la soul et le Rn’B) ainsi que l’évolution de sa maîtrise technique. “One Word Extinguisher” scintille de toutes parts et propulse définitivement Prefuse 73 parmi les fins limiers du genre.