(6 articles)

Jamie T - “Kings & Queens”

jamie180Album
(Virgin)
07/09/2009
Hip-folk-rock

En 2007, Jamie T avait fait forte impression chez qui avait bien voulu jeter une oreille sur “Panic Prevention“, un premier album qui affichait une forte personnalité tout en s’ancrant pleinement dans la culture musicale anglaise. Logiquement, les curieux étaient beaucoup plus nombreux outre-Manche qu’en France, ou son disque eut peine à franchir la frontière. Pour “Kings And Queens”, l’Anglais a fait des concessions Lire la suite…

Daft Punk - “Alive 2007″

Alive 2007[Album]
19/11/2007
(Virgin/Emi)

En juin dernier, en pleine déferlante Justice, et alors qu’on ne cessait de rappeler à tort et à travers que toute cette génération de nouvelles icônes électro n’était que du ressucé de Daft Punk, les deux Parisiens décidaient soudainement d’investir la plus grande salle de concert de France. Comme pour rappeler, à qui voulait bien l’entendre, quel était vraiment le nom du père de la véritable french touch, celle qui alliait house de Chicago et disco pour le plus grand plaisir de tous. À peine annoncé, le show de Bercy affichait sold out, laissant à sa porte quelques milliers de fans et curieux sans billet, seuls avec le désespoir de passer à côté d’une des rares prestations live de Daft Punk

Il était donc plus que logique de voir une trace de l’évènement investir les bacs des disquaires, surtout en cette période festive et lucrative de l’année. Plus encore, ce show parisien laissant aisément penser que Daft Punk, bien que véritable machine de guerre ultra rôdée, n’était jamais aussi bon que sur ses propres terres. Et ce “Alive 2007″, qui faisait déjà ronger quelques ongles, pourrait bien attaquer les phalanges des désespérés suscités, tant il marque une réelle évolution depuis le dernier live sorti il y a tout juste dix ans

En effet, seuls les sourds n’y verraient pas la différence. Thomas Bangalter et Guy Manuel de Honem-Christo ont apparemment trouvé le set ultime qu’ils rêvaient d’offrir à leurs fans, celui qui donnait enfin toute l’ampleur de leur musique, allant même jusqu’à proposer un total relifting de leurs titres, du plus connu au plus oublié. Ceux-là s’entrechoquent, se superposent, se marient pour donner naissance à quelque chose de totalement neuf en apparence (le bootleg “Around The World - Harder, Better, Faster, Stronger” pour n’en citer qu’un). À tel point que ceux qu’on pensait sur le point d’être rapidement dépassés par leur descendance, en partie à cause d’une trop longue absence, prouvaient aux quinze mille aficionados présents qu’ils tenaient encore largement les ficelles du genre

Daft Punk en live, c’est donc un mix continu, sans répit, plein de surprises, ou les hits mondialement connus poussent vers le haut les recoins les plus sombres de sa discographie. Plus rien n’y sonne comme sur disque, tout est réinventé sur des bases connues, et agrémentées de nouveaux samples et nouvelles sonorités. Daft Punk efface tout et recommence, s’offre une nouvelle jeunesse, un update qui, il faut le dire, s’imposait. Le voilà désormais gonflé à bloc, prêt à attaquer de nouveau, et pourquoi pas à s’atteler à un nouvel album qui pourrait rapidement voir le jour. Après tout, de l’oeil étranger, la musique en France ne se résume t-elle pas à Johnny Hallyday et Daft Punk? Le duo a donc encore de belles années devant lui..

Alive 2007 est disponible en édition limitée, incluant un livre, ainsi que des bonus audio et vidéo.

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Air - “Pocket Symphony”

Pocket Symphony[Album]
05/03/2007
(Virgin/Emi)

Il aurait fallu se trouver au fin fond du Nord de la Russie pour ne pas avoir été préparé, ces derniers mois, à la sortie d’un nouvel album de Air. En effet, avec le recul, qu’il s’agisse de Darkel (projet solo de Jean Benoit Dunckel), ou de l’album de Charlotte Gainsbourg (dont la composition a été confiée au duo), tout semble avoir été plutôt bien calculé pour nous préparer à ce retour, et à celui d’une musique plutôt à l’opposé de celle qui fait fureur en ce moment. Il est clair que Dunckel et Godin ne nous ont jamais habitué à de la musique taillée pour enflammer les dancefloor ni au rock fluo qu’on écoute avec un gros Smiley scotché au visage. C’est dit: “Pocket Symphony”, une nouvelle fois confié à Nigel Godrich, ne va pas en surprendre beaucoup, au point de ne pouvoir nous empêcher de penser que les deux Versaillais n’ont pas vraiment pris de risques ici. Comme à son habitude, Air joue de douceur et de délicatesse, ouvre le robinet duquel se déversent de douces mélodies jouées avec un naturel certes déconcertant. Ce nouvel album ne révolutionne donc pas son registre, il fait par contre preuve de beaucoup plus de profondeur lorsqu’il laisse traîner ses notes (”Space Maker”), se montre plus minimaliste, et ne fait qu’inviter des instruments typiquement orientaux (Shamisen et Koto sur “Once Upon a Time” et “One Hell Of a Party”) ainsi que quelques invités de luxe (Jarvis Cocker sur “One Hell Of a Party”, Neil Hammond sur “Somewhere Between Walking And Sleeping”, Charlotte Gainsbourg sur “The Duelist”) en guise de véritable nouveauté. Si on peut dire, car la couleur et le casting de ce “Pocket Symphony”, beaucoup trop léché et lisse, le font flirter dangereusement avec une simple suite du “5.55” de la progéniture du Grand Serge. À la différence que, bien qu’aussi chiant et sirupeux, il ne montera pas aussi haut dans les charts. Air ne fait donc que confirmer cette impression qui règne depuis quelques temps: celle d’une musique parfaite pour un public chic, passif, sensible et peu exigeant, celui qui aime reconnaître ces quelques notes dans les ascenseurs ou les salles d’attente

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K-os - “Atlantis: Hymns For Disco”

Atlantis: Hymns For Disco[Album]
17/10/2006
(Virgin/Import)

Chanteur, rappeur, guitariste, producteur, K-os sait tout faire, avec une maîtrise et une originalité difficilement égalables… En 2005, “Joyful Rebellion” nous l’a amplement montré. Avant cela, “Exit” était un premier essai déjà très prometteur… Ainsi, si sortir un nouvel album représente un enjeu de taille pour le canadien, vu le niveau de ses précédents opus, une chose est sûre, son pari reste le même: effacer les frontières arbitraires entre genres musicaux afin de dévoiler toute la richesse du hip-hop. A ce niveau-là, “Atlantis: Hymns For Disco” est peut-être l’album le plus abouti de l’artiste… Jouant une fois de plus la carte du métissage, K-os revient sur le devant de la scène en nous offrant un beau voyage hip-hop au coeur de l’effervescence musicale des seventies

“Electrik Heat - The Seekwill”, sombre et puissant, parsemé de belles phases de scratches, annonce d’emblée la tonalité old-school d’”Atlantis”, avant de laisser place à une ballade soul où l’on retrouve avec plaisir la musicalité de la voix de K-os (”The Rain”). Une fois de plus dans les productions du canadien, la guitare est à l’honneur, dans des versions aux accents pop (”Flypaper”, “Valhalla”, “Born To Run”, un peu en demi-teinte par rapport au reste de l’album), mais aussi dans de subtils mélanges hip-hop/rock (”Equilizer”, “AquaCityBox”). Rien ne vaut néanmoins “Highway 7″, dans lequel une simple guitare acoustique vient sublimer la voix délicieusement soul de K-os. Car le canadien aime exploiter tout son potentiel vocal, et cultive tout au long de son “Atlantis” ce style mi-chanté mi-rappé qui fonde son identité, comme dans le splendide “CatDiesel”. L’autre fil conducteur de l’album est incontestablement le “clap handing”, que K-os actualise avec talent dans “Mirror In The Sky” ou dans l’inclassable “Sunday Morning”, qu’on écouterait en boucle… Si le mix funk-disco-hip-hop “Black Ice - Hymn For Disco” est peut-être le morceau le plus représentatif de la diversité de l’album, K-os a gardé le meilleur pour la fin: “Ballad Of Noah”, featuring Buck 65, qui n’est pas sans rappeler la magie de Bob Dylan..

Il est finalement difficile de plaquer des mots sur la richesse musicale de cet “Atlantis: Hymns For Disco” sans avoir l’impression de la réduire, et surtout de ranger les morceaux dans des catégories figées que K-os souhaite au contraire dépasser. Car ce nouvel opus est avant tout un hymne à la musique, pour tout ce qu’elle est. Surtout, “Atlantis” nous transmet généreusement tout le plaisir que K-os a dû prendre en le composant. Plein de vie et d’énergie positive, il est un de ces albums dans lesquels on découvre de nouvelles choses à chaque écoute, sans se lasser… Bref, si vous avez un coup de blues pendant l’hiver, vous savez ce qu’il vous reste à faire..

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K-os - “Joyful Rebellion”

Joyful Rebellion[Album]
05/04/2005
(Virgin/Emi)

Si on était plutôt habitué à voir débarquer du Canada des Mcs ardents défenseurs d’un hip hop très underground voire avant gardiste, il faudra dorénavant aussi compter sur K-os. Auteur d’un premier album passé inaperçu il y a maintenant deux ans, on se souviendra de lui aussi pour sa prestation en demi teinte en première partie d’un concert parisien des Roots. C’est donc avec un sourire en coin presque dédaigneux que l’on jette un premier regard sur ce “Joyful Rebellion”, deuxième opus d’un artiste qui a su approfondir son style pour atteindre un groove, une richesse et une efficacité qu’il sera, dans le genre, difficile d’égaler

India Arie, The Roots, Nelly Furtado, De La Soul, The Chemical Brothers, Outkast ou Mos Def ne l’exclueront pas de ce clan, addict d’une perpétuelle remise en question du hip hop. “Joyful Rebellion” est un album on ne peut plus personnel qui le confirme: K-os s’y affiche comme un Mc aux multiples facettes (”Commandante”) dôté d’un talent de producteur exclusif hors paire. Il déroule au fil de ces douze titres un tapis hip hop sur lequel on joue autant le jazz que le rock en passant par le blues, le reggae ou la pop. A la manière d’un Wyclef Jean, il s’appuie sur des versions ultra groovies, généreuses en riffs de guitare acoustique (”Emcee Murdah”, “One Blood”), en percussions (”Crabbuckit”). Ici, on prend sans rechigner sa part de fun et de danse à la manière d’un “The Seed” (”Crucial”, le sublimissime “The Love Song”), de hip hop des 80’s (”B-boy Stance”), voire même d’émotion avec ce “Hallelujah” au format chanson, sorte de “Redemption Song” des temps modernes

Malgré quelques petits faux pas (”Man I Used To Be”, “Dirty Water”), K-os rappelle très subtilement, avec ce nouvel album sous le bras, que le terme “musicalité” peut être indissociable du genre hip hop. Le canadien entre donc dans la cours des grands mais devra certainement mener un dur combat pour ne pas tomber dans le carcan commercial squatté par les Black Eyed Peas et consorts. Espérons donc que sa maison de disque, toujours dans les starting blocks pour catapulter les artistes en haut de l’affiche et marteler les hits, saura le considérer à hauteur de son talent. Pour encore plus de temps…

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The Explosion - “Black Tape”

Black Tape[Album]
05/10/2004
(Virgin/Import)

On avait laissé The Explosion dans un coin de notre discothèque depuis son départ de chez Jade Tree et cette vieille embrouille entre le label et son concurrent Revelation. Peut être un peu gavés et déçus de l’expérience indépendante, ces punks de Boston ont répondu positivement aux sollicitations des majors. Après AFI, Rancid, et Distillers, le combo déboule chez Virgin pour ce “Black Tape” mais ne change en rien son orientation musicale. On nage en plein punk old school méticuleusement produit. Le punk anglais n’est donc pas loin, The Explosion y ajoute une convivialité à l’Irlandaise (dans l’esprit plutôt que dans la musique), et flirte souvent entre la hargne du hardcore, le rock n’roll pur et le côté fun du punk mélodique. De là naissent des hymnes, plus ou moins fédérateurs, que l’on imagine sans mal exécutés devant un auditoire au poing levé. “Black Tape” est donc sans surprise mais très bon. Il faut juste lui laisser le temps de quelques morceaux pour se chauffer et attendre le convaincant et accrocheur “Here I Am” pour se jeter enthousiaste dans le pogo. De là, la montée se fait en puissance. “We All Fall Down”, “Mothers Cry”, “Atrocity”, “Grace”, “Hollywood Sign” ou l’incontournable “No Revolution” (”All we know is what came before/There’s no revolution anymore“), déjà présent au tracklisting de “Flash Flash Flash”, font de ce nouvel album un incontournable du punk contemporain. Avec cela, on croise les doigts pour que The Explosion viennent arroser la France de son énergie.

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Gang Starr - “The Ownerz”

The Ownerz[Album]
24/06/2003
(Virgin/Virgin)

Enfin, après une trop, trop longue absence, revoici Gang Starr et son nouvel album. Plus qu’un évènement, c’est à chaque fois une réelle émotion de retrouver Dj Premier et Guru, deux des protagonistes les plus importants du HipHop mondial. Pas besoin de présenter le groupe mythique de New York, alors rentrons tout de suite dans le vif du sujet

A l’entame de l’album et surtout lors de la première écoute, les cinq premiers morceaux nous laissent sur notre faim. Non pas qu’ils soient mauvais, plus d’un producteur rêverait d’avoir la moitié du talent de Primo, mais les bombes atomiques du passé n’ont, à ce moment, pas trouvé d’équivalent. Heureusement arrive “Skills”, titre dispo en maxi depuis quelques temps, qui ouvre l’escalade vers les sommets. En effet “Deadly Habitz” réveille le HipHop qui sommeillait en nous, grâce à la recette magique de Dj Premier: de bons samples parfaitement couplés et servis par un beat ultra efficace. C’est à partir de ce moment qu’il ne fait plus de doute que Gang Starr a encore réussi un très bon album. Sans trop entrer dans les détails, des titres tels que “Who Got Gunz” avec en featuring Fat Joe et M.O.P, hardcore à souhait, ou “Playtawin” risquent de tourner sur les platines un certain temps. Alors que dire de l’improbable collaboration avec Snoop Dogg sur le fabuleux “In This Life” où, pour ma part, je n’ai jamais autant apprécié Snoop, sauf sur son premier album magistral. Beaucoup d’autres morceaux mériteraient qu’on s’y attarde. Mais pas de crime de lèse-majesté, avant de conclure, parlons de celui sans qui le combo ne serait pas le même: Guru. Car si il existe bien une certitude, c’est que l’apparition de sa voix, au teint si suave, ne laisse jamais indifférent, et Dj Premier à définitivement le don de savoir comment la mettre en valeur. Alors rendons hommage à l’un des plus grands Mcs en activité, dont toute la beauté d’écriture est mise en valeur sur le magnifique et revendicatif “Riot Akt”, qui risque de figurer sur de nombreuses mix-tapes

Encore un retour gagnant du vrai HipHop, car qui plus que Gang Starr peut revendiquer cette étiquette? Bien sûr, celui-ci évolue mais Dj Premier, en grand producteur, sait intégrer des innovations, adapter ses beats aux personnalités nombreuses venues, sûrement avec bonheur, sur cet album. Et puis Gang Starr a son style, sa touche, imitable mais incomparable, presque reconnaissable aux premières notes de l’instru. Alors pour toutes ces raisons, inutile de vous dire qu’il est de votre devoir de vous le procurer. Gang Starr ne fait pas du rap, ils font vivre le rap. LE RETOUR DES MAÎTRES DU HIPHOP

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