Venetian Snares

Venetian Snares

(Canada)

(3 articles)

Venetian Snares - “Pink+Green”

Pink+Green[Maxi]
29/03/2007
(Sublight/Import)

On espère que Aaron Funk ne passera jamais un contrôle anti-dopage. Parce que c’est humainement impossible de sortir autant de disques par an sans prendre des substances prohibées. Il a même réussi à sortir un maxi entre celui-ci et le “Cavalcade Of Glee And Dadaist Happy Hardcore Pom Poms” sans qu’on ne s’en aperçoive… On en connaît qui prennent pourtant les mêmes substances et qui ne sortent qu’un disque tous les trois ans (si ce n’est plus…). Alors faudrait qu’on nous explique?

Le Canadien décoche donc son premier disque de 2007 (gageons qu’il y en aura d’autres…) sous la forme d’un EP pour le label Sublight Records (la version vinyl devrait sortir sur Planet Mu). Si vous connaissez déjà l’énergumène, vous savez à quoi vous attendre. Si vous ne connaissez pas, on vous conseillera plutôt de commencer par le grandiose “Rossz Csillag Alatt Született” (Planet Mu, 2005) qui restera sans doute comme l’un de ses chefs d’oeuvre

Ce “Pink+Green” n’est pas mauvais pour autant, ne nous faîtes dire ce que nous n’avons pas dit. Il est juste un peu classique (en même temps, je ne sais pas si on peut vraiment employer ce mot pour Venetian Snares…). En tout cas pas très surprenant. On s’attend à du breakcore de taré. On y trouve du breakcore de taré. Point. Après si vous aimez le breakcore de taré, n’hésitez pas, c’est du très bon breakcore de taré

Cinq morceaux, c’est plus qu’il n’en faut pour exténuer les plus intrépides des danseurs. Ca doit être pour ça que Aaron Funk affectionne tant le format court. On démarre sur les chapeaux de roues avec le titre éponyme et son chant saturé qui se fera facilement une place entre le “Fuel My Fire” de Prodigy et le “Come To Daddy” de Aphex Twin. On se calme un peu avec “Nutimik” pour repartir de plus belle avec un “Husikam Rave Dojo” squarepusherien en diable… “Pink+Green” revient dans une seconde version, “VIP” celle-ci, effectivement moins intéressante. On termine avec un “Sporto Fucking Sellout Cocksuckerface” qui revendique haut et fort sa filiation avec un marteau-piqueur. Autant le savoir, s’il reste des danseurs sur la piste, ça ne peut être que des Terminators

On imagine donc que ce disque fera une plus grande carrière dans le teufs hard tek que sur les chaînes de salon, bien qu’il soit tentant de l’acheter rien que pour son visuel complètement perché, quelque part entre le Monde de Barbie et Mon Petit Poney pour adultes

En écoutePink+Green (extrait)Husikam Rave Dojo (extrait)

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Venetian Snares - “Cavalcade Of Glee…Poms”

Cavalcade Of Glee...Poms[Album]
07/07/2006
(Planet Mu/La Baleine)

On vous aurait bien dit pour faire de l’esbroufe que chaque nouvelle livraison de Venetian Snares est un événement rare attendu de tous, mais le Canadien qui se cache derrière ce pseudonyme est plutôt du genre prolifique (en règle générale, trois disques par an), la surprise est donc de moindre taille. On vous concèdera même que ce n’est pas toujours évident de suivre la cadence de ses sorties et par conséquent de statuer sur l’évolution éventuelle du bonhomme..

A nouveau paru sur l’exigeant label anglais Planet Mu (µ-ziq, Luke Vibert, dDamage…), ce nouvel opus semble néanmoins faire partie de ses grands crus (sans parler de la pochette qui est de toute beauté!). Vous constaterez tout de même au passage que la tâche du chroniqueur n’est pas facilitée quand l’auteur décrit très explicitement (pour les anglicistes) son travail dans le titre : “Cavalcade Of Glee And Dadaist Happy Hardcore Pom Poms”

Illustration: là où le beatmaker lambda se contenterait largement d’un simple “pom pom tchac”, Aaron Funk pour l’Etat Civil préfère compliquer la chose jusqu’à obtenir une sorte de “pom p-p-p-pom tch-crrrrrrrrr bleep bleep crrrrrrrrrr wiiiiiiiiiiiiiz tch-tch-tch-tchaaaaaaaaaaaac. pom”. Ou quelque chose du genre

Vous l’aurez donc compris, l’oeuvre de Venetian Snares nécessite une certaine initiation avant d’être dûment goûtée (commencez peut-être par Massive Attack si vous n’avez jamais écouté de musique “introspective” auparavant). Mais une fois prévenus, rien ne devrait vous empêcher de succomber à cette étrange folie capable d’associer la mélancolie la plus noire à la violence la plus froide, la beauté la plus fascinante à la dissonance la plus bruitiste. “Swindon”, “Twirl” ou “Cancel” n’en sont que quelques exemples du plus bel effet parmi les dix titres de cet album

Soyons clairs, vous penserez fatalement à d’autres incontournables du genre (Squarepusher, Amon Tobin, Autechre, Aphex Twin, Daedelus …) et vous n’aurez pas tout à fait tort. Oh, on pourrait bien sûr se lancer dans des débats d’initiés sur les différences forcément fondamentales qui existent entre la drill’n'bass des uns et le, allez au pif, break’n'fast des autres, mais le temps limité de concentration d’un lecteur derrière son écran nous pousse toutefois à simplifier notre argumentaire: cette “Cavalcade…” séduira indubitablement tous les amateurs de ce qu’on appelait naguère l’I.D.M (Intelligent Dance Music). Pour ne pas nous contenter d’un plus trivial: allez-y, c’est de la bombe

Ce nouveau Venetian Snares n’est sans doute pas non plus le premier disque à passer si vous vous retrouvez incrustés à la teuf d’une cousine d’un pote (en tout cas, si vous comptez y être réinvités plus tard). En revanche, il devrait assurément faire son petit effet dans une réunion d’esthètes qui apprécient la musique qui ne se laisse pas aussi facilement aborder. La coquine..

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Venetian Snares - “Winter In The Belly Of A Snake”

Winter In The Belly Of A Snake[Album]
12/02/2003
(Planet Mu/La Baleine)

Venetian Snares est un des artistes électroniques les plus doués de sa génération. Son obsession: repousser toujours plus loin les limites de la musique et il y parvient en mélangeant tous les penchants les plus efficaces de l’electronica, du breakbeat et de la drum n’bass. “Winter In The Belly Of A Snake” est sa troisième production en un an et ses fans ne vont pas s’en plaindre. Une nouvelle fois, il explore les recoins les plus désertés de l’electro et s’éloigne de plus en plus de ses faibles ressemblances avec Aphex Twin

La musique de Venetian Snares est tellement extrême que la moindre incompréhension de l’auditeur appliqué se transforme vite en sens de l’humour décalé. Car il faut vraiment avoir d’énormes facultés pour parfois parvenir à rentrer complètement dans l’univers du canadien. Chaque morceau semble partir d’un sample un minimum directeur qui avance tant bien que mal dans un beat fait de sonorités aigues et glaciales. Se faufilant entre ces jets de bouts de verres tranchants, il passe par de multiples ambiances, comme si vous accélériez au maximum les compositions du moindre artiste downtempo. Imaginez juste du Amon Tobin, du Squarepusher ou du Autechre sous coke et vous parviendrez à vous faire une idée sur le contenu de cet album qui s’avère pourtant plus accessible et paradoxalement plus complexe que les précédents..

Impossible de vous dire dans quel état d’esprit se trouver pour aborder une telle écoute. Déconseillé, au réveil comme au coucher, “”Winter In The Belly Of a Snake” s’écoute seulement lorsque l’auditeur potentiel cherche à perdre ses repères. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet album s’écoute bien assis. Sinon, à vos risques et périls..

Ecoutez un extrait sur le site de Planet Mu

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